Par quel traité est visé le territoire sur lequel se trouve votre cabinet? Consultez le Guide, qui propose des liens vers des formules de reconnaissance territoriale pour plusieurs régions du Canada.
Pourquoi reconnaître le territoire?
Vous avez probablement déjà entendu une personne prononcer une reconnaissance teritoriale, ou on vous a peut‑être demandé de le faire, en ouverture d’un congrès, d’une assemblée ou d’un événement. Cette pratique est de plus en plus répandue.
Sur le territoire inuit dans le Nord du Canada, appelé l’« Inuit Nunangat », la reconnaissance du territoire n’est pas fréquente ni attendue. La nation Métis est apparue après l’arrivée des Européens, et les terres des Métis dans le Nord-Ouest du Canada peuvent être reconnues, tout en se rappelant que ces terres sont aussi les terres ancestrales des Premières Nations.
De quoi s’agit-il?
Comme son nom l’indique, il s’agit principalement de la reconnaissance de l’appartenance d’un lieu particulier aux terres ancestrales des Premières Nations. La reconnaissance territoriale nous rappelle à tous les relations avec la terre, l’eau et la faune du lieu.
Elle rappelle que les peuples autochtones vivent sur ces territoires depuis plusieurs générations, dans certains cas « depuis des temps immémoriaux ». Sur le territoire inuit dans le Nord du Canada, appelé l’« Inuit Nunangat », la reconnaissance du territoire n’est pas fréquente ni attendue. La nation Métis est apparue après l’arrivée des Européens, et les terres des Métis dans le Nord‑Ouest du Canada peuvent être reconnues, tout en se rappelant que ces terres sont aussi les terres ancestrales des Premières Nations.
De nombreuses Premières Nations, avant l’arrivée des Européens, disposaient déjà de cérémonies, protocoles et pratiques de reconnaissance du territoire, lors desquels on pouvait partager de la nourriture, fumer le calumet, déposer des plantes sacrées et des remèdes, comme du tabac, entonner un chant de bienvenue ou attendre d’être escorté dans le territoire.
La reconnaissance territoriale est conçue pour les personnes qui ne sont pas du territoire. Si, par exemple, au début d’un événement sur un territoire donné, un aîné de ce territoire était invité à faire une prière d’ouverture ou à diriger une cérémonie, il n’aurait pas besoin de reconnaître la terre; il accueillerait plutôt les autres sur ses terres ancestrales. Tous les autres (y compris les Autochtones venus d’ailleurs) feraient un énoncé de reconnaissance du territoire.
Néanmoins, si les formules de reconnaissance du territoire sont fréquentes aujourd’hui au Canada, elles ne sont ni obligatoires ni uniformes, et n’ont aucun poids juridique.
Élaborer une formule de reconnaissance significative
Pour reconnaître le territoire de manière significative, il faut aller au-delà des formules de reconnaissance du territoire. « La seule présence des Autochtones devrait forcer les non-Autochtones à regarder en face leur propre place sur ces terres », dit une blogueuse métisse (disponible uniquement en anglais).
Ce n’est pas toujours le cas. À mesure que se répandent les formules de reconnaissance du territoire, elles « risquent de perdre leur pouvoir perturbateur par la répétition ». Si elles sont récitées par cœur, il y a peu de place pour une véritable réconciliation. L’auteur Stephen Marche confiait (disponible uniquement en anglais) :
Elles sont formulées, me semble-t-il, de manière à ce qu’on puisse exprimer un sentiment sans pour autant le ressentir – ce qui découle naturellement du fait qu’elles ont été rédigées par des comités de chercheurs et de juristes gouvernementaux. Elles ressemblent plus à des garanties de micro-ondes qu’à un réel désir de réparation.
Hayden King, directeur du Yellowhead Institute et conseiller à l’Université métropolitaine de Toronto, abonde dans le même sens : « Personnellement, je commence à voir comment la reconnaissance du territoire peut devenir très superficielle, et comment elle fétichise en quelque sorte des traités pourtant bien concrets et réels. »
La reconnaissance du territoire autochtone doit aller au-delà des simples mots. Voici quelques questions à vous poser si vous souhaitez donner un véritable sens à la reconnaissance du territoire :
- Y a-t-il plus qu’une nation sur ce territoire? Quelle relation entretiennent-elles?
- Si vous vous trouvez sur un territoire visé par un traité, que savez-vous au juste de ce traité? Comment pourriez-vous en apprendre davantage?
- Êtes-vous en relation avec la ou les communautés autochtones à proximité de vos bureaux?
- La formule de reconnaissance du territoire a-t-elle été rédigée ou approuvée par le ou les groupes ou nations que vous reconnaissez?
- Si vous êtes sur un territoire visé par un traité, quelle est votre responsabilité en tant qu’allochtone, visiteur ou non-Autochtone à l’égard de ce traité?
- Quelles actions sont suggérées par les mots de la formule de reconnaissance du territoire?
Considérations
Anton Truer, de la Bemidji University, indique les principaux éléments d’une reconnaissance significative du territoire :
- elle est simple et brève;
- elle est locale et précise;
- elle reconnaît la terre ancestrale de la Première Nation ou des Nations;
- elle reconnaît, comme il se doit, les terres historiques des Métis et d’autres peuples autochtones qui désignent ces terres comme leur foyer;
- elle reconnaît l’injustice historique;
- elle comprend les appels à l’action.
Pour savoir sur quel territoire sont situés les bureaux de votre cabinet, consultez la carte interactive Native Land.