Nous apprenons tous à nous comporter selon ce que nous avons appris de nos cultures; ces façons ne sont pas toujours universelles.
Voici des moyens d’améliorer vos relations avec les personnes, communautés et administrations autochtones.
Veuillez noter qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de protocoles culturels et que cette liste n’a pas pour objectif de mettre tous les peuples autochtones sur le même pied. Elle a pour but de vous donner un vaste aperçu de certains des éléments dont vous devriez tenir compte dans la création de votre relation avec les personnes, communautés et administrations autochtones.
Conseils en matière de communication
Il y a une différence entre parler et avoir quelque chose à dire. Les Autochtones sont peut-être plus à l’aise avec le silence que vous. C’est une bonne chose d’attendre qu’ils soient prêts à parler. Et sachez que les gestes, les expressions faciales et autres formes de communication non verbales font partie intégrante de la façon dont de nombreux peuples autochtones interagissent. Les Inuits, par exemple, signaleront souvent leur accord en haussant les sourcils, et leur désaccord en plissant le nez. Certains membres des Premières Nations peuvent indiquer la direction en pointant avec leurs lèvres plutôt qu’avec leurs doigts, ou sembler maladroits lorsqu’on leur offre une poignée de main ferme.
Il est important de bien décoder le langage corporel. Tout comme d’avoir un bon sens de l’humour. Les Autochtones aiment rire, plaisanter et taquiner. Même si notre histoire coloniale est sombre et traumatisante, les Autochtones sont nombreux à utiliser l’humour pour enseigner des vérités importantes. S’ils se moquent de vous ou avec vous, cela peut signifier simplement que vous ne devriez pas vous prendre autant au sérieux. Et s’ils vous taquinent, c’est sans doute qu’ils vous apprécient.
L’importance des aînés
Il est important de comprendre que chaque culture respecte et honore les aînés; vous auriez avantage à comprendre les habitudes particulières des nations et communautés avec lesquelles vous interagissez. Par exemple, pour démontrer votre respect, dans certaines cultures vous n’êtes pas autorisés à regarder les aînés directement dans les yeux. Certaines cultures mettront l’accent sur l’importance d’écouter et de ne pas interrompre les aînés lorsqu’ils racontent leur histoire et partagent leurs connaissances. Certains ont appris qu’il n’est pas poli de poser trop de questions; il faut simplement écouter, observer, imiter et penser à ce que vous avez appris. La leçon vous viendra souvent plus tard, lorsque vous en aurez besoin. Si vous demandez à un aîné de partager sa sagesse, d’accomplir une cérémonie culturelle ou de procéder à une prière d’ouverture pour votre réunion ou activité, assurez-vous de les rémunérer adéquatement (comme vous le feriez pour tout autre professionnel) et de respecter les protocoles (par exemple, il est respectueux d’offrir aux aînés anishinaabeg du tabac).
Protocoles des communautés
Faites vos recherches pour savoir par exemple si le partenaire ou la communauté inuit ou des Premières Nations a conclu un traité historique ou un traité moderne; s’il a ou non une assise territoriale; pour connaître son système de gouvernance (par exemple, un chef et un conseiller en vertu de la Loi sur les Indiens ou un système de chef héréditaire – certaines communautés peuvent avoir les deux, ou une organisation responsable des revendications territoriales). Quelles sont leur langue et leur population? Découvrez certains faits historiques de base et demandez quelles sont les principales réalités actuelles dans la communauté. Ces types de demandes sont en général bien accueillies par les personnes et communautés autochtones, puisqu’il s’agit d’une façon de se comprendre et de ne pas sembler mal informé, mais plutôt respectueux et humble.
Par exemple, avec certaines Premières Nations, vous avez peut-être participé à une purification ou obtenu du tabac à tenir dans les mains, vu l’utilisation d’une feuille d’aigle, d’une écharpe métisse ou d’un qulliq inuit. Vous allez probablement expérimenter différentes pratiques, et il est important d’avoir une attitude d’humilité et la volonté d’apprendre et de comprendre.
Les protocoles couvrent des éléments comme la reconnaissance du territoire, l’intégration des connaissances fournies par les aînés et les exigences culturelles touchant la fourniture de tabac ou de thé, les frais et honoraires ou toute forme de cadeau. Des services de traduction et d’interprétation pourraient être nécessaires dans les communautés où la langue maternelle n’est pas l’anglais ou le français. La participation et la recherche pourraient être encadrées par des protocoles détaillés. Il est important de faire ses recherches, de poser des questions et de comprendre les protocoles et processus de chaque communauté, puis de les suivre.
Écoute et consensus
Les Autochtones se réunissent parfois en cercle pour bien montrer que chacun a voix au chapitre et a la chance de l’exprimer. Plusieurs nations utilisent un bâton d’orateur, une plume ou un autre objet par lequel on donne à une personne le droit d’être entendue sans interruption. Le point de vue de chacun est pris en compte et toutes les options sont discutées. La plupart des nations autochtones prenaient traditionnellement leurs décisions par consensus. Cela demande plus de temps et d’efforts à l’ensemble des parties. On peut notamment observer cette approche dans les procédures consensuelles des gouvernements du Nunavut et du Nunatsiavut, qui sont fondées sur des principes inuits. Vous constaterez peut-être, dans vos relations avec les Autochtones, qu’il faut prévoir beaucoup plus de temps pour leur permettre de se mettre parfaitement d’accord.
Capacité des communautés
La grande majorité des communautés des Premières Nations, inuites et métisses comptent moins de 2 000 personnes. Elles subissent pourtant des pressions constantes de la part des chercheurs, des entreprises de l’industrie des ressources, des gouvernements, des établissements d’enseignement et des médias pour qu’ils réagissent, participent et conseillent. De plus, de nombreuses communautés doivent communiquer avec des membres ou des citoyens qui ne vivent pas sur leur territoire.
La plupart des communautés sont aux prises avec les effets du colonialisme – éducation et infrastructures inférieures aux normes, problèmes sociaux, lourd fardeau administratif et de reddition. Ils peuvent ne pas avoir les moyens – ou simplement les gens – pour répondre à toutes les demandes qu’on leur fait.
Le conseiller de bande d’une petite réserve, par exemple, est tenu de s’occuper des questions fédérales et provinciales ou territoriales ET d’assumer un rôle comparable à celui d’un conseiller municipal. Les modifications à la Loi sur les Indiens et les traités modernes accroissent encore plus le fardeau de gouvernance et de gestion des réserves. Les Inuits ont même dû créer des dizaines d’organismes de cogestion et de surveillance pour mettre en œuvre les différents aspects de leurs accords de revendications territoriales. Compte tenu de tout cela, vous devrez être patient et tenir compte du fait que les communautés autochtones avec lesquelles vous travaillez doivent composer avec de nombreuses priorités et des capacités limitées.
Les relations sont essentielles
Une relation fonctionne dans les deux sens, il ne s’agit pas de fréquentations à longue distance. La relation est-elle faite de réciprocité, de respect et de responsabilité? La relation repose-t-elle uniquement sur ce que vous attendez de l’autre personne? Est-ce une transaction?
Connaissez-vous quoi que ce soit de l’histoire, de la culture et de la réalité des gens que vous rencontrez? Quelles sont vos responsabilités dans la relation?
Les relations demandent du temps, des efforts et une volonté d’écouter, de part et d’autre. Compte tenu du passé colonial du Canada, les Autochtones se méfient des personnes et gouvernements non autochtones ou ne leur font carrément pas confiance. Tentez de comprendre la dynamique du pouvoir en jeu et efforcez-vous d’adopter le point de vue des Autochtones avec qui vous établissez cette relation. Incorporez des façons autochtones de penser et de faire.
Le respect
Au fondement de tout cela, il y a le respect. Pensez à ce que cela signifie que d’être respectueux en tant que personne, que nation, qu’entreprise, qu’organisation. Est-ce respectueux de donner à une équipe sportive un nom ou une mascotte stéréotypique? De s’habiller en « Indien »? Est-ce respectueux de pratiquer l’appropriation culturelle, de faire fi des droits inhérents des peuples autochtones ou de refuser aux Autochtones les droits fondamentaux reconnus à tous les autres Canadiens?