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1.5 Collaborer avec des conseillers autochtones

Idéalement, le travail de réconciliation serait facilité par un ou plusieurs Autochtones. Si ce n’est pas possible, pensez au principe « rien sur nous sans nous » et à la présence de la voix et du point de vue des Autochtones dans votre travail.

L’ABC, par exemple, a choisi de se doter d’un Groupe consultatif autochtone, un groupe informel chargé de fournir des conseils à l’organisation pour la guider dans sa démarche de réconciliation.

Voici des éléments à considérer.

  1. La représentativité est importante. Votre groupe consultatif devrait être représentatif de la diversité sexuelle et géographique. Il est important d’inclure si possible des membres des communautés des Premières Nations, inuites et métisses pour profiter d’une perspective plus large et plus inclusive. Mais attention...
  2. La communauté autochtone ne forme pas un bloc monolithique. Chaque collectivité a ses motivations, son histoire et son point de vue particuliers, et il ne sera pas possible de représenter tout cela dans vos décisions. Évitez l’autochtonisation des groupes, car vous effaceriez ainsi les histoires, langues et droits distincts, ce qui mènerait à l’homogénéisation et à la confusion parmi les diverses nations autochtones. Soyez consciencieux et respectueux dans le cadre de ce travail.
  3. Faites vos devoirs. Ce n’est pas à vos conseillers autochtones de faire votre éducation sur le racisme, le passé colonial du Canada, l’histoire des Autochtones, etc. Vos conseillers sont simplement là pour vous offrir une perspective autochtone. Soyez respectueux de leur temps et de leur rôle et faites ce que vous pouvez pour vous instruire par vous-même. Il existe de nombreuses ressources sur le sujet (comme le programme Le Parcours de l’ABC). Si vous souhaitez recevoir une formation plus approfondie sur ces questions, discutez-en avec vos conseillers autochtones et voyez s’ils sont disposés à fournir une telle formation ou s’ils recommandent que vous fassiez appel à des spécialistes.
  4. Faites preuve d’humilité et de sensibilité. Rappelez-vous que la réconciliation demande énormément de travail. Pas seulement pour vous, mais aussi pour vos collègues et conseillers autochtones, probablement pour des raisons différentes. Vos discussions peuvent ramener à la surface un traumatisme personnel et collectif. Vous devez être sensible à cette possibilité. Renseignez-vous sur les traumatismes vécus par les Autochtones (le balado de l’ABC The trauma-informed lawyer, animé par Myrna McCallum, est un excellent point de départ) et intégrez cet aspect dans votre façon d’approcher vos conseillers.
  5. Respectez les différences culturelles – et abstenez-vous de sauter aux conclusions. Sachez qu’il peut y avoir des différences importantes entre votre style de communication et celui de vos conseillers. Renseignez-vous sur ces différences possibles et portez-y attention pendant vos interactions. Par exemple :
    • Le temps peut être plus fluide et il convient de ne pas avoir d’attente sur la durée que peut prendre une activité. Les Autochtones sont habituellement des raconteurs d’histoires et il se peut que leur récit ne corresponde pas aux questions posées. Soyez patient et la réponse se présentera durant la conversation. 
    • Il est courant, dans certaines communautés inuites, de répondre à une question par une expression faciale plutôt que par des mots.
    • Dans certaines Premières Nations, si la personne qui interroge n’est pas considérée comme un proche, les réponses peuvent être moins complètes.
    • La politesse exige que vous fassiez une longue pause après qu’une personne a parlé pour vous assurer qu’elle a fini. C’est aussi un moment pendant lequel l’interlocuteur peut se demander s’il veut ajouter quelque chose. Il s’agit, enfin, d’une forme de communication en soi (« Qu’est-ce cette personne garde pour elle? »).

Mandat – Comité consultatif autochtone 

Vous pourriez souhaiter créer votre propre comité consultatif autochtone, lequel devra s’accompagner d’un mandat. Le gouvernement du Canada a publié le mandat de son Comité consultatif autochtone, dont votre cabinet pourrait s’inspirer.