Judith Snider, la conférencière principale de la Journée de la P.I. s’interroge : « Mais où sont donc passées les femmes? »
La Journée de la P.I., la conférence organisée par la Section nationale de la propriété intellectuelle de l’ABC le 28 mai à Ottawa, s’est ouverte et refermée avec une réunion informelle enthousiaste et informative. Le matin, un certain nombre de juges de la Cour fédérale et de protonotaires y ont participé, et l’après-midi a été l’occasion rêvée pour des débats animés sur des points du droit de la propriété intellectuelle.
Entre ces deux réunions, spécifiquement conçues pour plaire aux juristes spécialisés en droit de la propriété intellectuelle, a eu lieu le discours principal prononcé à l’heure du déjeuner par Judith Snider, juge de la Cour fédérale maintenant à la retraite.
« Je peux discuter ce dont je n’osais pas parler quand j’étais juge », a dit Judith Snider, qui travaille maintenant dans les domaines de la médiation et de l’arbitrage auprès de JAMS, à Toronto, dans un discours truffé d’analogies avec le baseball. Les conseils qu’elle a offerts aux avocats plaidants étaient drôles, mais très au fait.
Me Snider a prévenu que plusieurs des juristes ayant comparu devant elle par le passé et aujourd’hui présents dans la salle se reconnaîtraient dans ce qu’elle allait dire. Eh bien oui, quelqu’un a entendu un avocat assis à l’une des tables déplorer, sans pour autant ajouter de précisions, avoir servi d’exemple de ce qu’il ne fallait pas faire.
« Mais où sont donc passées les femmes? » est un autre trait lancé par Judith Snider et qui pourrait bien avoir fait mouche dans l’assistance. Les femmes obtiennent d’excellents résultats sur les bancs de la faculté et sont engagées par les cabinets juridiques, mais le nombre de leurs comparutions en tant que juriste dans son prétoire est loin de refléter cela. Elle a exhorté les juristes chevronnés à inviter les femmes à les suivre; pas juste à les suivre au tribunal pour les charger des basses œuvres, mais aussi pour leur permettre de comparaître, plaider et se forger une précieuse expérience.
Elle n’a pas non plus ménagé les femmes : admiratrice du livre de Sheryl Sandberg, Lean In, la juge Snider a déclaré que trop nombreuses sont les jeunes femmes qui attendent que le succès leur tombe dans le bec ou se découragent et quittent la pratique privée. « Les femmes doivent cesser de se dire “Je ne suis pas prête à faire ceci” et penser “Je veux faire ceci, et c’est maintenant que je dois apprendre”, a-t-elle affirmé.
Voici les 10 principaux conseils que Judith Snider donne aux avocats plaidants et aux avocates plaidantes :
10 principaux conseils donnés aux avocats plaidants et aux avocates plaidantes par la juge
- Évitez les requêtes de dernière minute, surtout celles visant un ajournement.
- Respectez le rôle des experts. Ils sont là pour éduquer le tribunal, pas pour plaider votre cause.
- Des remarques d’ouverture claires et concises sont appréciées.
- Connaissez le nom du juge devant lequel vous comparaissez et soyez en mesure de le prononcer correctement. Assurez-vous en outre de prononcer correctement le nom de tout juge que vous citez.
- Soyez ponctuel. « N’arrivez pas à 9 h 40 en ayant l’air de me faire une faveur par votre présence. »
- Départissez-vous des réactions irréfléchies. Pensez-y un peu avant de faire automatiquement une objection.
- N’oubliez pas votre langage corporel. Ne faites pas la grimace lorsque l’avocat de la partie opposée ou le juge dit quelque chose qui vous contrarie.
- Les juristes chevronnés devraient s’assurer qu’ils assument un rôle de mentor pour leurs confrères débutants. Demandez-leur souvent de vous accompagner dès le début de l’affaire et ne limitez pas leur rôle à celui de remplaçant.
- Les jeunes juristes doivent se faire une place au soleil. Profitez des occasions qui vous sont offertes et, en leur absence, n’hésitez pas à les créer.
- Soyez vigilant. Vous devrez parfois faire ce qu’il ne faut pas faire, sachez reconnaître la situation.
NDT : Les citations reproduites dans cet article sont toutes des traductions.