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Revenir à la pratique privée

01 mars 2014 | Emily White

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S’il y a une route que plusieurs avocats prévoient suivre, c’est celle qui mène de la pratique privée à la pratique en entreprise ou dans l’administration publique. L’idée qu’on se fait en général est qu’un jeune avocat ou une jeune avocate peut parfaire ses compétences dans un cabinet privé, mais qu’il ou elle décidera en fin de compte — que ce soit pour avoir des heures de travail réduites ou pour son intérêt pour une compagnie donnée — de transférer dans un rôle de conseiller ou de conseillère juridique à l’interne. Un tel transfert n’est en tout cas pas perçu comme exceptionnel.

Les conseillers et conseillères juridiques à l’interne qui veulent passer à la pratique privée sont toutefois confrontés à une situation bien différente. Tout en confirmant que de tels transferts sont certainement possibles, Warren Smith, deThe Counsel Network , constate que « c’est davantage un défi pour une personne provenant d’un contentieux plutôt que d’un cabinet privé que de faire la transition vers un autre cabinet privé ».

L’une des principales difficultés auxquelles doivent faire face les conseillers et conseillères à l’interne est de savoir répondre à la questionpourquoi ils veulent faire cette transition. « Au cours de mon entrevue », raconte Ann Behennah, qui a travaillé au service juridique de la Ville de Calgary avant de se joindre au cabinet Bull, Housser & Tupper s.r.l., à Vancouver, « l’une des questions qu’on m’a posées était “Vous avez des conditions de travail très confortables avec un nombre d’heures fixe. Pourquoi vouloir passer à un cabinet important avec plus d’heures, plus de travail et plus de difficultés?” »

Dans sa réponse à cette question, Mme Behennah a mis l’accent sur le désir de se perfectionner. « Je voulais avoir de plus grands défis », dit-elle. « Je voulais prendre des forces en tant que jeune avocate. Pour avoir l’expérience la plus riche possible, je voulais m’assurer d’être exposée le plus possible et le plus tôt possible. »

C’est effectivement sur l’ampleur de l’expérience offerte par les cabinets privés que les candidats et les candidates issus de l’entreprise devraient insister, selon Warren Smith, deThe Counsel Network . « Pour les jeunes conseillers et conseillères qui veulent aller en pratique privée, je sais par expérience que l’un des arguments les plus persuasifs — si vous le pensez sincèrement — est de dire “Je veux exceller dans mon métier”. Et il ne s’agit pas de dire qu’ils ont eu une bonne ou une mauvaise expérience dans un contentieux, mais simplement de reconnaître que le contentieux a ses limites. »

Le mentorat est un autre aspect que les conseillers et les conseillères juridiques peuvent choisir de mettre en valeur. « Si vous êtes entré(e) dans un contentieux où vous n’étiez que deux avocats », dit Carrie Heller deThe Heller Group , « et que l’autre avocat n’était pas en position de vous encadrer suffisamment, cela peut vous amener à vous arrêter et vous dire que vous devriez aller en pratique privée, où il y a plusieurs avocats et avocates qui ont plus d’expérience que vous et qui peuvent jouer un rôle de mentor. »

L’un de vos avantages en tant que conseiller ou conseillère à l’interne est d’avoir touché à une grande diversité de tâches. « Souvent, lorsque vous débutez et que vous travaillez dans un contentieux », dit Mme Heller, « on peut vous avoir donné un niveau de responsabilité plus élevé que celui qu’on vous aurait donné dans un cabinet privé pendant vos premières années. »

Il est probable également, remarque Warren Smith, que les conseillers et conseillères juridiques à l’interne « auront eu des responsabilités dans la gestion des conseillers externes et plus d’interactions avec des non-juristes, et que par conséquent ils ou elles auront développé une compétence pour le côté “affaires” des choses et les rapports avec d’autres départements. »

Chris Borden, qui est passé d’un contentieux à la pratique privée chez McInnes Cooper à Saint-Jean (N.-B.), remarque que le fait qu’il soit capable de voir les choses du point de vue du client est un grand avantage. « Lorsque vous travaillez dans un contentieux », explique-t-il, « vous êtes la personne chargée d’engager d’autres avocats et de vous assurer que les avocats externes sont suffisamment attentifs à vos besoins et qu’ils fournissent un bon service. » Maintenant qu’il est de retour en pratique privée, M. Borden constate qu’il est naturellement porté à voir les choses du point de vue du client et que cette aptitude est essentielle pour donner le meilleur avis ou le meilleur service possible.

Il y a certainement des bosses sur la route qui mène du contentieux à la pratique privée. « On s’habitue très vite au temps facturable », dit M. Borden. Toutefois, d’autres questions, comme la gamme changeante des clients ou la taille imposante des bureaux, peuvent demander un temps d’adaptation. « J’essaie de prendre l’initiative le plus possible pour entrer en contact avec des collègues et développer des relations », dit Mme Behennah, au sujet de son arrivée dans un bureau réparti sur cinq étages, « et je m’assure d’aller aux réunions des jeunes employés. Il y a tellement d’opportunités à exploiter. »

En général, ce genre de transition reste « très faisable », pour reprendre les termes de Mme Heller, spécialement en début de carrière. Ce dont les conseillers et conseillères juridiques à l’interne doivent être conscients, cependant, est le fait qu’un cabinet privé pourrait ne pas comprendre les heures ou les responsabilités qu’ils et elles ont eues à l’interne. Tandis que deux avocats ou avocates de deux cabinets nationaux peuvent avoir une expérience similaire au terme de cinq années de pratique, on ne peut pas dire la même chose des conseillers et conseillères à l’interne. Ceux-ci peuvent avoir travaillé au sein d’une équipe de soixante-dix personnes tout comme ils peuvent avoir travaillé tout ce temps en solitaire.

Une personne désirant faire la transition du contentieux à la pratique privée doit avoir une idée précise de ce qu’elle fera valoir en entrevue, des raisons pour lesquelles elle fait cette transition et des forces et compétences qu’elle peut apporter dans son nouveau rôle. Ce que confirme Warren Smith : « Il y a une charge beaucoup plus grande sur l’individu pour être capable de bien présenter son expérience de travail et expliquer en quoi cette expérience sera pertinente et utile pour un cabinet privé. »

Emily White est rédactrice indépendante.