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Les casques de chantier produisent un effet spécial. Distribuez-en, faites-les porter et subitement un groupe disparate se transforme en équipe soudée autour d’un but commun. C’est tout aussi vrai pour des travailleurs de chantier que pour des avocats qui leur rendent visite.
« Nous encourageons nos avocats à sortir pour voir leurs clients ou, dans notre cas, pour visiter une installation, une usine ou une entreprise. Ils sont ainsi amenés à raisonner en tant qu’équipe », affirme Ronald Kruhlak, associé chez McLennan Ross à Edmonton et directeur de son groupe Énergie, Environnement et Réglementation.
L’engagement envers le groupe est essentiel à une équipe de pratique efficace. Dans le monde juridique toutefois, où l’individualité est respectée et où les aptitudes de gestion ne font pas nécessairement partie des exigences, ce résultat ne va pas toujours de soi.
« L’atout maître est l’aptitude aux relations humaines, selon Adam Lepofsky du groupe torontois RainMaker spécialisé dans le recrutement d’avocats. Un chef de groupe de pratique doit savoir gérer d’autres avocats, qu’ils soient plus, moins ou aussi expérimentés que lui. Ces compétences de gestion sont souvent difficiles à trouver dans le secteur juridique. »
Dans les vastes groupes de travail informels voués par exemple au droit commercial ou au contentieux, qui étaient jadis la norme dans les cabinets d’une certaine envergure, la direction était habituellement confiée à l’avocat le plus expérimenté. Aujourd’hui, les cabinets constituent des groupes de pratique plus petits et plus spécialisés, qui fixent leurs propres buts, et disposent de leur propre budget et de leur propre gestion sous l’autorité d’un chef de groupe qui est lui-même un praticien.
« Il faut des compétences différentes pour diriger un groupe existant de longue date et pour faire démarrer un groupe spécialisé, dit David Garner, associé directeur chez Alexander Holburn de Vancouver. De toute évidence, vous voulez une personne ayant des compétences juridiques, mais vous avez besoin d’une personne encore mieux douée de compétences organisationnelles. »
Gérer et développer une pratique personnelle est une chose, mais sacrifier une partie de ses intérêts pour le bien du groupe en est une tout autre. Cependant, s’il est dirigé efficacement, un groupe de pratique devient plus que la somme de ses parties.
Quels sont les attributs d’un groupe de pratique efficace, et comment les aptitudes voulues sont-elles mises en œuvre au quotidien?
Organiser le groupe – Pour circonscrire le créneau de la pratique, il faut une vision claire et de la détermination pour amener tous les membres du groupe à travailler dans le même sens. « Vous avez besoin d’une personne qui peut réunir le troupeau, dit M. Garner. Une personne qui a de solides compétences organisationnelles, qui peut fixer des limites et créer des incitatifs pour ceux qui s’intègrent au groupe. »
Prévoir les tendances – Il ne suffit pas d’être au fait de l’état du droit. Un chef de groupe de pratique efficace prévoit les enjeux et tendances, et gère le groupe en fonction des besoins futurs. La capacité d’anticiper est extrêmement précieuse pour les clients.
Fixer des buts réalisables – Sans buts, il est difficile d’assurer un élan commun dans une même direction ou de mesurer le succès. Cependant, il faut trouver un juste équilibre entre grandes attentes et temps limité. L’échec dans la réalisation de buts irréalistes est démoralisant.
S’exprimer – Des communicateurs efficaces savent s’exprimer. Ils précisent leurs buts, font part de récits personnels, posent des questions, félicitent le travail bien fait et s’attaquent sans détours aux problèmes. Mais ils savent aussi quand se taire et écouter.
Respecter les politesses diplomatiques – Les conflits sont inévitables, mais à condition d’être gérés efficacement, ils peuvent être des catalyseurs du changement. « La critique constructive est une façon de communiquer », dit Laurie Robson, associée et responsable du groupe Travail et Emploi du bureau de Calgary de Borden Ladner Gervais. « Ce n’est pas tout le monde qui réagit bien aux critiques, donc vous devez communiquer un message négatif d’une façon qui aidera le professionnel à s’améliorer. »
Raisonner comme un entraîneur sportif – Un bon entraîneur évalue les talents de chacun des membres de l’équipe et les aide tous à trouver le créneau dans lequel ils excellent. Tout le monde n’a pas à tout savoir (même pas le chef du groupe!), mais les membres doivent collectivement former une équipe gagnante.
Relever la barre – Faites voir que le groupe de pratique est plus efficace, a un plus vaste marché et fonctionne de façon plus rentable en tant qu’équipe que si ses membres travaillent chacun de leur côté. « Nos clients reconnaissent que nous avons davantage de profondeur que toute personne individuelle, ce qui nous a certainement aidés sur le plan commercial, affirme M. Kruhlak. Certains membres du groupe ont sensiblement augmenté leur activité : de 10 à 25 %, voire davantage. »