Les décisions judiciaires qui retiennent l’attention du public peuvent susciter de vives émotions. L’Association du Barreau canadien rappelle aux leaders politiques que c’est dans ces moments-là justement qu’il est essentiel de faire preuve de modération dans le discours.
Dans une démocratie, il est tout à fait légitime d’être en désaccord avec une décision judiciaire, mais les leaders politiques ont la responsabilité d’exprimer leur désaccord de manière à préserver la confiance du public dans nos institutions juridiques.
Les appels à des sanctions extérieures au système judiciaire sapent la primauté du droit, qui nous protège tous. La discussion sur les peines et la politique judiciaire est saine, mais elle ne doit jamais déboucher sur des demandes de sanctions allant au-delà de ce qui est prévu par la loi. Lorsque les leaders politiques suggèrent ou tolèrent des sanctions en dehors du système judiciaire, ils compromettent la primauté du droit, notre garantie d’équité et de justice.
Notre démocratie repose sur une distinction claire entre les questions politiques, résolues par des processus démocratiques, et les questions judiciaires, résolues par des tribunaux indépendants. Lorsque cette frontière s’estompe, l’histoire montre que les sociétés deviennent moins équitables, moins stables et moins sûres.
Le respect des tribunaux n’est pas facultatif dans une démocratie; c’est ce qui permet à la justice de perdurer.