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Moi. Mentor?


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Tendances

Le projet sur les tendances dans la profession vise à aider les juristes à suivre les tendances économiques et sociales qui influencent la pratique du droit. Ainsi, les avocats, avocates et notaires pourront continuer d'exercer leur profession au sein d'un environnement propice à l'entrepreneurship.



Faire du mentorat : une relation positive et productive

Les mentors sont des personnes expérimentées qui partagent leurs connaissances et leurs idées avec des personnes moins expérimentées. Un ou une mentor peut aider et encourager un jeune avocat ou une jeune avocate à faire la transition entre la faculté de droit et la pratique du droit, ou peut guider un avocat ou une avocate expérimenté qui voudrait passer d’un domaine de spécialisation à un autre.

« On comprend de plus en plus l’intérêt d’offrir un programme officiel de mentorat dans les cabinets d’avocats aujourd’hui », affirme Sonya Kunkel, directrice principale chez Catalyst Canada, un organisme de recherche et de consultation travaillant avec des entreprises et des professionnels. À son avis, la culture des cabinets d’avocats et d’avocates connaît un « tournant ». « Les cabinets d’avocats se soucient davantage de comprendre [et utiliser] les instruments organisationnels », dont le mentorat fait partie. « Toutes sortes de relations de mentorat émergent spontanément et naturellement », remarque-t-elle, mais les femmes et les personnes issues des minorités — des avocates et avocats différents des personnes en position de pouvoir dans les cabinets — font souvent face à « une plus grande exclusion des réseaux informels ». Kunkel voit maintenant les cabinets investir beaucoup de ressources dans des programmes de mentorat afin de traiter « toutes sortes de maux organisationnels ».

Être mentor

Les mentors écoutent leurs protégés pour leur offrir ensuite conseils et idées. Un ou une mentor peut, par exemple, partager ses stratégies pour développer de bonnes relations avocat-client et pour travailler efficacement dans des dossiers exigeants. L’expérience d’un mentor peut profiter à un avocat ou une avocate qui se démène pour maintenir un équilibre entre les exigences de l’emploi et le désir de profiter d’une vie personnelle bien remplie. De plus, la connaissance du cabinet et de sa culture que possède le ou la mentor peut se révéler inestimable pour un nouveau ou une nouvelle venu(e). On croit qu’être mentor, ce n’est que donner, mais les mentors trouvent très enrichissante l’expérience d’aider une autre personne à bien démarrer, ou poursuivre, sa carrière.

Les gens font du mentorat « parce qu’ils aiment aider les autres », explique Anita Pizycki, une formatrice en perfectionnement professionnel. C’est une expérience gratifiante que de prendre conscience des aptitudes qu’on a développées et de constater combien on a progressé. Un ou une mentor a plus d’expérience que son ou sa protégée, mais il ne s’agit pas nécessairement d’une personne près de sa retraite.

Debra Van Ginkle, de chez Watson Goepel Maledy (Vancouver), a joué un rôle déterminant dans l’instauration du Women Lawyers Forum Mentoring Program. L’idée d’un programme de mentorat pour les femmes est venue après avoir constaté que les avocates avaient besoin de soutien et qu’elles connaissaient un taux de rejet plus élevé que les hommes. Van Ginkle estime que les mentors féminins peuvent aider les avocates avec moins d’ancienneté à affronter toute une série de défis, qu’il s’agisse du manque de respect de la part de collègues ou juges masculins, de la recherche de nouveaux clients et clientes, ou du développement d’un nouveau domaine de pratique. « Les femmes ont moins accès au réseautage informel qui se développe entre les hommes du cabinet », et par conséquent « les femmes ont dû créer leurs propres groupes ».

Le programme de la Colombie-Britannique a démarré il y a trois ans et est passé de 50 à 300 participantes. Van Ginkle mentionne que les relations mentor-protégé qu’il aide à établir « ne sont pas hiérarchiques » et présentent un « caractère de camaraderie ». Les mentors apprécient sûrement l’expérience puisque Van Ginkle rapporte que certaines des premières mentors guident encore aujourd’hui les mêmes femmes et demandent à pouvoir en guider de nouvelles. « Les mentors en retirent quelque chose », dit-elle, remarquant qu’aider d’autres avocates dans leur pratique est une chose « épanouissante » et « qui leur fait du bien ».

Le mentorat n’est toutefois pas réservé aux femmes, loin s’en faut. Ned Steinman, de chez Gowlings (Ottawa), a sous son aile deux collègues plus jeunes. Bien qu’il dise que ses attentes comme mentor sont floues, il dîne régulièrement avec ses protégés et reste en contact avec eux, cherchant à savoir ce qu’ils apprennent et quels domaines de pratique ils aimeraient développer.

Dan Pinnington, directeur de PracticePro, le programme de prévention des réclamations de l’Ontario Lawyers’ Professional Indemnity Company, encourage les avocats et avocates à devenir mentor, et a même publié un guide pour les soutenir, Managing a Mentoring Relationship. L’organisme croit que le mentorat aide les cabinets d’avocats à garder leurs avocats et avocates et leur permet d’éviter des poursuites en responsabilité professionnelle (et, par conséquent, de diminuer le nombre de réclamations contre l’assureur). « La passation des compétences, des connaissances et des idées d’une personne à l’autre » constitue l’essence du mentorat, affirme Pinnington, et il n’y a « aucun doute que le mentorat contribue à réduire le nombre de réclamations ». « Le mentorat permet d’avoir quelqu’un à qui parler, à qui soumettre ses idées, et ainsi de voir ce que vous ne voyez pas », ajoute-t-il, précisant que le mentorat constitue également un atout pour « les compétences non techniques : comment se comporter dans la salle d’audience, comment traiter avec l’avocat du côté adverse, etc. ». Selon Pinnington, la relation entre mentor et protégé n’est pas à sens unique. « Une inversion du mentorat peut survenir », dit-il. Les jeunes avocats, par exemple, se débrouillent souvent mieux avec la technologie et peuvent donc en retour guider leur mentor dans un meilleur usage de l’informatique.

Ned Steinman, bien qu’il soit un associé et un avocat d’expérience, était heureux de voir se joindre au cabinet un avocat spécialisé dans un domaine juridique pour lequel il commençait à s’intéresser. « Je peux apprendre de cette personne », s’est-il dit.

Avoir un ou une mentor

« Avoir un mentor est crucial », affirme Cheryl Stephens, unr ex-avocate dont la compagnie, Mentor/Muse, se spécialise dans la rédaction et la formation. Les mentors peuvent vous aider avec les subtilités techniques de la pratique, ils peuvent vous aider à identifier les bonnes occasions de perfectionnement professionnel, et ils peuvent vous mettre en contact avec de nouveaux clients et clientes. Ils fournissent un soutien et un échange continus.

Elizabeth Hyde, responsable du perfectionnement professionnel chez Miller Thomson, croit elle aussi qu’il est « crucial pour un nouvel avocat d’avoir un mentor ». Miller Thomson s’attend à ce que ses avocats plus anciens prennent en charge les nouveaux, et offre un guide détaillé à l’intention des mentors et des protégés sur la façon de s’assurer que le mentorat soit efficace. Mme Hyde explique qu’un mentor est « un guide, une personne sur laquelle tester ses idées », qui vous apprendra « comment générer votre propre volume d’affaires ». Selon elle, le mentorat s’avère tout aussi important pour les avocats expérimentés ayant fait l’objet d’un recrutement latéral, car il peut faciliter leur transition au sein du cabinet.

Sarah Corman, nouvellement engagée chez McCarthy Tétrault (Toronto), a deux mentors qui, dit-elle, « excellent à [lui] trouver de bonnes opportunités ». L’un de ses mentors n’a que quelques années de pratique de plus qu’elle, mais demeure « plus proche de [son] expérience » et « plus apte à [l]’aider avec la routine ». Son autre mentor, qui a plus d’ancienneté, est un associé qui veille sur elle et s’assure qu’elle a accès à un « maximum d’opportunités ». « Mes mentors vont au-delà de mes besoins et de mes attentes » confie Mme Corman. « Ils sont fantastiques. »

Une relation mentor-protégé peut consister en des échanges réguliers de courriels, un coup de fil hebdomadaire, des rencontres fréquentes, ou des dîners occasionnels. Van Ginkle constate que les mentors et leurs protégés découvrent parfois des façons originales de rester en contact, comme partager un billet de saison au théâtre, ou jogger ensemble le dimanche matin.

Indépendamment de votre âge ou de l’avancée de votre carrière, un mentor peut fournir des conseils irremplaçables. Une relation de mentorat productive profite à tout le monde : les mentors, leurs protégés et le cabinet tout entier. Il n’est donc pas surprenant que les programmes de mentorat se propagent de plus en plus du monde des affaires à celui de la pratique du droit.

Les cinq qualités d’un mentor efficace

Un ou une mentor efficace :

  1. Garde le contact avec son ou sa protégée et prend l’initiative pour entretenir la relation
  2. Se rappelle de ses débuts et confie ses bons coups comme ses mauvais pour en partager les leçons
  3. Ne juge pas les actions de son ou sa protégée mais offre plutôt des commentaires constructifs
  4. Voit au développement professionnel et aux intérêts de son ou sa protégée
  5. Parle peu, écoute beaucoup

Cinq moyens pour le ou la protégée de tirer le meilleur de son mentorat :

  1. Choisissez un ou une mentor avec lequel/laquelle vous vous sentez à l’aise, quelqu’un que vous respectez et en qui vous avez confiance
  2. Soyez franc/franche au sujet de vos attentes à l’égard de la relation
  3. Soyez honnête dans vos conversations. Si vous voyez votre mentor exclusivement comme un moyen d’obtenir plus rapidement de l’avancement, la relation est sur une mauvaise voie
  4. Demeurez ouvert, ouverte, aux commentaires. Vous n’avez pas à faire tout ce que vous suggère votre mentor, mais vous devriez apprécier son expérience et ses idées
  5. Apprenez de cette relation, de telle sorte que vous puissiez devenir à votre tour un bon ou une bonne mentor

Les mentors comme leurs protégés devraient toujours respecter la confidentialité de leurs conversations.

Ressources

EnPratique de l'ABC

Le guide de PracticePro sur le mentorat

Le Women Lawyers Forum Mentoring Program

Les barreaux offrant un programme de mentorat :


Le bulletin " Tendances " est produit par le département des Affaires juridiques et gouvernementales de l'Association du Barreau canadien. Pour de plus amples renseignements ou pour nous aviser des dernières tendances économiques ou sociales ayant une incidence sur votre pratique, veuillez communiquer avec nous par courrier électronique à EPII@cba.org.

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