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Rédacteur
Jared Adams

Collaborateurs
Edward Poll
James Rossiter
Pamela R. Kovacs
Jared Adams

Addendum est publié par le magazine National, le magazine officiel de l'Association du Barreau canadien.

Les points de vue exprimés dans les articles d'Addendum appartiennent uniquement à leurs auteurs et auteures et, dans cette optique, ne représentent pas nécessairement l'opinion de l'Association du Barreau canadien.

© L'Association du Barreau canadien 2006. Tous droits réservés.









Dans ce numéro...

  • Bon départ : Dix principales erreurs à éviter et les dix meilleurs conseils pour réussir
  • Équilibre travail/vie privée : Flexibilité réelle
  • Bénévolat : Fiction passionnante et simple fait
  • Scolarité : La méthode australienne
  • 5 Sites : Gestion d’une relation de mentorat
  • EnPratique de l'ABC : Se bâtir une clientèle
Lancer un nouveau cabinet : Les dix principales erreurs à éviter et les dix meilleurs conseils pour réussir
Par Edward Poll

L’entreprise du droit

Lancer un nouveau cabinet est tout à fait distinct de l’exercice du droit. Cela confronte l’avocat ou l’avocate à ce que j’appelle « The Business of Law® », l’entreprise du droit. En dépit de l’insistance constante de certains à ce que le droit demeure une profession et non une entreprise, je crois que la pratique du droit est fondamentalement une entreprise, celle qui consiste à offrir des services juridiques à des personnes et à des organisations. Et les avocats et avocates, qui ne reçoivent aucune formation commerciale au cours de leurs études de droit, sont notoirement de médiocres gestionnaires.

Des entreprises échouent parce que leurs propriétaires négligent de consacrer leur énergie à l’aspect commercial; la plupart des propriétaires d’entreprises sont des techniciens et techniciennes, et non des entrepreneurs, selon Michael E. Gerber, auteur à succès de The E-Myth Revisited. Le droit est une entreprise autant qu’une profession. Pour réussir, les avocats doivent agir comme des entrepreneurs. Mais Gerber a peut-être raison à propos des avocats. Ils ont tendance à être des techniciens qui veulent faire ce qu’ils aiment faire, qu’il s’agisse de négocier, de rédiger un contrat, de plaider ou d’autres tâches. Ils ne veulent pas diriger une entreprise et ils ne veulent tout particulièrement pas se lancer dans la planification d’entreprise. Quand votre entreprise est un cabinet d’avocats, vous courez sans conteste au désastre.

Les avocats et avocates n’ont pas besoin d’être des comptables, mais trop d’entre eux ne comprennent pas les rudiments des budgets, des rentrées, des profits et des pertes.

Les avocats et avocates n’ont pas besoin d’être des comptables, mais trop d’entre eux ne comprennent pas les rudiments des budgets, des rentrées, des profits et des pertes.

Planifier l’échec et les 10 principales erreurs

Le légendaire entraîneur de l’équipe de basketball de l’UCLA, John Wooden, a dit un jour : « Négliger de planifier, c’est planifier l’échec. » Chaque compagnie de la liste Fortune 500 s’est dotée d’un plan d’entreprise détaillé. Pourtant, on estime que moins de la moitié des compagnies de la liste « Inc. 500 » en possèdent un – et ce sont les petites entreprises les plus prospères et qui croissent le plus vite au pays. L’ouragan Katrina encore en mémoire, songez que le Department of Labor des États-Unis affirme que la plupart des compagnies qui connaissent un désastre important sont retirées des affaires cinq ans plus tard; seulement 25 p. 100 de ces compagnies ont un plan en cas de catastrophe.

En d’autres mots, les 10 plus grosses erreurs que commettent la plupart des avocats en lançant un nouveau cabinet sont inévitablement liées à l’absence de planification. Cette négligence entraîne une foule d’erreurs témoignant d’un manque de vision. Cette liste provisoire met en lumière 10 fautes fréquentes.

1. Négliger d’établir un calendrier.

L’ouverture d’un nouveau cabinet est un processus si complexe que vous devriez, idéalement, prévoir de six mois à un an pour accomplir les nombreuses tâches en cause. Les avocats habitués à se dépêcher pour respecter un délai pour dépôt de dossier au tribunal à 17h ont tendance à tenir pour acquis les efforts de dernière minute. Ne faites pas la même erreur en lançant votre nouveau cabinet.

2. Négliger de négocier efficacement la location de vos bureaux.

Quand vous cherchez un emplacement pour votre cabinet, concentrez-vous sur trois facteurs : ce que vous pouvez vous permettre, de quelle sorte de locaux vous avez besoin et ce à quoi vous vous engagez avant de signer le bail. Les conditions du bail, le loyer, les améliorations nécessaires avant d’occuper les lieux – tout cela peut et devrait être négocié.

3. Négliger de prendre contact avec des fournisseurs de services clés.

Il s’agit de votre cabinet, mais vous ne vous rendez peut-être pas compte du nombre de personnes que cela touche et de celles qui ont besoin d’être informées de la création de votre nouveau cabinet. La liste comporte les institutions financières et les sociétés d’assurance, les associations d’avocats et les tribunaux, les fournisseurs, les services publics, les médias d’information et le service postal. Oublier n’importe lequel d’entre eux peut être source de graves problèmes.

4. Négliger d’avertir les clients.

Si vous mettez sur pied un cabinet à partir de rien, votre priorité doit être de vous bâtir une clientèle. Mais si vous avez déjà une clientèle établie, assurez-vous quelle sait ce que vous faites et qu’elle peut vous joindre en tout temps. Informez vos clients en détail de vos horaires, fournissez-leur tous les renseignements sur la façon de vous joindre et le trajet jusqu’à vos locaux et donnez-leur votre numéro de cellulaire ou tout autre numéro où vous joindre en cas d’urgence.

5. Négliger de faire de la publicité.

Ne croyez pas qu’avoir recours à la publicité est dégradant. Envoyez un communiqué de presse aux médias d’affaires et juridiques locaux. Songez à organiser une journée portes ouvertes dans vos nouveaux locaux. Si vous avez un blogue, annoncez au monde entier l’ouverture de votre nouveau cabinet. Un exemple classique est celui d’Ernest Svensen, avocat plaidant d’un important cabinet, qui s’est servi de son blogue ErnieTheAttorney, qui jouit d’un large auditoire, pour annoncer qu’il faisait désormais cavalier seul depuis le début 2006.

6. Négliger d’établir un budget.

La mise sur pied matérielle de votre cabinet entraîne des coûts. Vous devriez établir un budget par poste pour tout ce qu’il vous faut acheter ou déménager : la décoration, le déménagement, les téléphones, les ordinateurs, le mobilier de bureau, les fournitures, etc.

7. Négliger de planifier l’agencement de votre espace de bureau.

En cette ère où le numérique prédomine, on manque toujours de prises pour les ordinateurs et les téléphones. Pour vous éviter des dépenses inutiles plus tard, assurez-vous de déterminer l’emplacement approximatif des bureaux, ordinateurs et téléphones actuels et futurs.

8. Négliger d’établir des relations avec une banque.

Lors du démarrage de votre cabinet, les fonds dont vous aurez besoin pour le personnel, l’équipement, les dépenses d’exploitation ou pour tout autre motif seront de beaucoup supérieurs à ceux que vous serez en mesure de générer. Vous aurez besoin d’un prêt bancaire et établir dès le début une saine relation avec votre banquier est la meilleure façon de garantir qu’on vous l’accordera.

9. Négliger d’établir des stratégies.

La plupart des avocats ne se rendent compte qu’ils sont dans le pétrin que lorsque les fonds ne rentrent plus. Habituellement les racines du problème remontent à plusieurs mois, voire plusieurs années, et il est dû à l’absence de marketing, de comptes clients et de plans financiers.

10. Négliger d’acquérir une bonne connaissance du milieu des affaires.

Les avocats et avocates n’ont pas besoin d’être des comptables, mais trop d’entre eux ne comprennent pas les rudiments des budgets, des rentrées, des profits et des pertes. Tous les avocats devraient comprendre que la rentabilité dépend de leur capacité à décrocher des contrats, à faire le travail et à se faire payer.


« La plupart des avocats ne se rendent compte qu’ils sont dans le pétrin que lorsque les fonds ne rentrent plus. »

Les dix meilleurs conseils pour réussir

Tout ceci est très négatif et je me refuse à terminer une discussion sur une aventure telle que l’ouverture d’un nouveau cabinet sur une telle note. Je préfère de loin terminer avec le positif – 10 caractéristiques courantes qu’on retrouve dans les cabinets d’avocats florissants et que j’ai constamment observées pendant ma longue carrière d’avocat, de mentor, de cadre et d’expert-conseil. Dans ces cabinets, les avocats :

  1. Ont établi un plan d’affaires exhaustif.
  2. N’oublient jamais que leur priorité, c’est le client. Sans client, l’avocat n’a pas de raison d’être.
  3. Vendent des solutions (offrent de la valeur) aux clients et non pas du temps exprimé en heures facturables.
  4. Commencent chaque affaire par une lettre-contrat – une entente écrite décrivant l’étendue des attributions et les responsabilités de chacune des parties, y compris la responsabilité du client de payer.
  5. Préparent des budgets pour chaque affaire : tâches, événements, calendrier et ressources qui seront utilisés au bénéfice du client ou de la cliente. Ce processus nécessite une analyse et la signature préliminaires du client.
  6. Comprennent que les cas qu’ils traitent ne constituent pas des « heures facturables », mais l’argent que ces heures représentent, et ils mettent l’accent sur la perception des comptes débiteurs et sur des taux élevés de réalisation.
  7. Gèrent efficacement les rentrées de fonds en les déposant à la banque le plus rapidement possible.
  8. Sont conscients que la technologie – les courriels, les blogues, les cellulaires et la messagerie téléphonique – ne peut pas remplacer les relations personnelles, l’intégrité personnelle et les rapports avec les clients et clientes.
  9. Travaillent avec un conseiller, une conseillère ou un mentor pour réussir plus rapidement en affaires et dans l’exercice de leur profession.
  10. Ont instauré un plan en cas de catastrophe et le maintiennent à jour. La survie et la succession d’une entreprise ne peuvent être laissées au hasard.

Considérés dans leur ensemble, ces erreurs et ces conseils véhiculent le même message. Pour assurer la réussite de votre nouveau cabinet, considérez votre travail comme une entreprise tout autant que comme une profession et utilisez cette perspective d’affaires pour offrir à vos clients des services à valeur ajoutée. Agir ainsi assurera l’avenir à long terme de votre nouveau cabinet.

© Edward Poll, 2006. Tous droits réservés. Edward Poll est un expert-conseil en gestion de cabinet d’avocats, un mentor et un auteur reconnu au pays. Il a exercé le droit pendant 25 ans, a conseillé des avocats, des avocates, et été expert-conseil auprès de cabinets d’avocats pendant les 15 dernières années dans le domaine de la planification stratégique, de l’analyse de la rentabilité et de la recherche de clientèle. Le dernier ouvrage d’Ed s’intitule Selling Your Practice: The Profitable Exit Strategy. Visitez Law Biz, le site Web d’Ed et son blogue. Vous pouvez communiquer avec Ed par courriel ou par téléphone (800-837-5880). Cet article a été publié pour la première fois dans la ressource en ligne TechnoLawyer Archive. Les membres de l’ABC peuvent recevoir un abonnement gratuit d’un an à TechnoLawyer à http://www.technolawyer.com.

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Flexibilité réelle : Personnaliser l’équilibre travail-vie personnelle pour chaque avocat
Par James Rossiter

Nous savons d’après ses journaux personnels qu’en 1956, Frank Manning Covert, alors avocat au sein du cabinet Stewart McKelvey Stirling Scales de Halifax, a travaillé 333 soirs, 50 samedis et 52 dimanches. « Le seul moyen pour lui de se détendre était de travailler, a expliqué Barry Cahill, l’éditeur des mémoires de Covert. » En 1982, Covert a été nommé Officier de l’Ordre du Canada, et sans doute pas en reconnaissance de son équilibre travail-vie personnelle.

Le modèle Covert ne vous ressemble peut-être pas, mais le déséquilibre entre travail et vie personnelle d’un avocat ou d’une avocate est l’équilibre d’un autre. Les avocats et avocates avec lesquels j’ai parlé qui ont une vie de travail proche de celle de Covert trouvent leur vie personnelle riche et épanouie. Covert a lui-même déclaré aimer la vie. Qui sommes-nous pour juger?

Le combat pour l’équilibre travail-vie personnelle se fait à contre-courant d’une culture du travail qui n’est pas unique aux cabinets privés ou à la profession juridique mais qui prévaut historiquement dans ces milieux. Cette culture ne reconnaît et ne récompense que l’avocat pour qui vivre sa vie à plein signifie prendre occasionnellement un samedi de congé. L’équilibre travail-vie personnelle concerne une flexibilité au sein du cabinet qui accorde une place tant à ceux et celles qui veulent faire de longues heures de travail qu’à ceux qui ne le veulent ou ne le peuvent pas.

Souhaitez vous vivre un peu plus et travailler un peu moins?

Souhaitez vous vivre un peu plus et travailler un peu moins?

Pour les avocats de demain qui veulent vivre un peu plus et travailler un peu moins, j’ai de bonnes nouvelles. Ce que j’ai vu, lu et entendu donne à penser que les cabinets… bon, je n’irais pas jusqu’à dire adoptent, mais acceptent des heures de travail conventionnelles (conventionnelles selon les normes d’autres secteurs) et même des pratiques non conventionnelles telles que les horaires variables et les années sabbatiques.

Au cours de votre vie, vous trouverez votre équilibre travail-vie personnelle dans la profession. Vous le trouverez dans votre cabinet ou – si c’est assez important pour vous et que vous voulez rester dans un cabinet privé – vous le trouverez dans un autre. Votre traitement s’en trouvera réduit, mais il faut s’y attendre quand la rémunération est liée un tant soit peu à la facturation, et la facturation aux taux horaires.

Si vous voulez savoir pourquoi les cabinets acceptent de plus en plus un équilibre travail-vie personnelle pour ceux qui le veulent, suivez l’argent. À l’époque où Covert pratiquait, un avocat quittait le cabinet quand il (c’était à peu près toujours un homme) prenait sa retraite ou – le plus souvent – mourait.

Les 20 dernières années ont vu un mouvement sans précédent dans la profession. Les avocats quittent un cabinet pour un autre cabinet, des employeurs des secteurs public et privé et des ONG. Un avocat qui s’en va coûte à son cabinet plus que la facture pour le déjeuner d’adieu. Catalyst Consulting établit le prix du départ d’un associé à 315 000 $. Le cabinet perd un investissement tangible et intangible dans la formation, l’expérience et la connaissance de la clientèle.


« Vous trouverez votre équilibre travail-vie personnelle dans votre cabinet ou – si c’est assez important pour vous et que vous voulez rester dans un cabinet privé – vous le trouverez dans un autre. »

Une des raisons invoquées par ces associés, associées, quand la porte se referme derrière eux, est le désir d’une meilleure qualité de vie, qui permet de s’adonner à des tâches de la vie quotidienne telles que (et là, je parle de mon expérience personnelle) changer la couche du bébé ou essuyer le nez qui coule d’un enfant de trois ans.

L’antidote au mouvement est la fidélisation du personnel. Les cabinets qui réussissent le mieux à garder leurs avocats ont, entre autres, mis en œuvre des pratiques d’horaires flexibles. Parfois, la mesure s’applique à tous et toutes, et prend la forme d’une politique, comme dans le cas du congé parental payé tant pour les mères que pour les pères. Dans d’autres cas, elle ne concerne qu’un seul avocat, comme Jeannine Bakeef.

Mme Bakeef, 33 ans, admise au barreau en 1999, est associée en financement des entreprises dans ce qui est actuellement le cabinet de McInnes Cooper. Depuis octobre 2001, son cabinet a tenu compte de ses aspirations à devenir comédienne professionnelle en accédant à ses demandes de travailler à mi-temps, puis de prendre un congé, puis de travailler à des projets à contrat, et enfin de revenir à plein temps avec des heures réduites.

Jeannine, une amie et camarade de classe, satisfait sa passion du théâtre et McInnes Cooper conserve une associée qui – à sa troisième année, alors qu’elle a quitté pour suivre une formation de comédienne – avait plus d’expérience et davantage étudié dans le domaine du financement des entreprises et des valeurs que la plupart des associés de la ville.

Il s’agit également d’une bonne nouvelle pour le Covert de demain, l’avocat en cabinet privé pour qui vivre, c’est travailler. L’économie est vigoureuse et les dossiers de qualité sont abondants. Le cabinet appréciera toujours la rapidité du traitement d’un dossier et la facturation élevée que produisent une journée de travail de 25 heures et une année de 53 semaines. Cela ne changera pas tant que les cabinets privés privilégieront le service à la clientèle, et tant que les clients et clientes paieront l’avocat à l’heure.

James Rossiter est associé du cabinet de Halifax Wickwire Holm, père de trois enfants et secrétaire-trésorier des Jeunes avocats et avocates de l’ABC (jrossiter@wickwireholm.com).

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Bénévolat : fiction passionnante et simple fait
Par Pamela R. Kovacs

Kermit Roosevelt et John Grisham sont deux authentiques avocats qui se sont forgé des carrières plus lucratives en écrivant sur des avocats fictifs faisant du travail bénévole qu’en demeurant simplement. . . eh bien… de vrais avocats travaillant bénévolement. Ils semblent aussi s’être accaparés le marché de la fiction du bénévolat, et je suis donc obligée de demeurer une jeune avocate faisant du travail bénévole. J’en suis venue à accepter que cet état de choses relève de la pure normalité...

Ce que je ne peux toutefois pas accepter, c’est que dans une situation tout à fait normale, le besoin de travail bénévole croît constamment. Plus je m’inquiète à ce sujet, plus je pense que Kermit et John font partie du problème. Nous n’avons peut-être pas besoin de fiction. En ce qui concerne le bénévolat, nous avons peut-être plutôt besoin d’un peu de réalité.

Il est très facile de prétendre que travailler bénévolement est insensé pour de jeunes avocats. Il est déjà assez difficile d’essayer de trouver du temps pour caser des petits bouts de « vie hors du travail » malgré les heures facturables et les obligations liées au travail. Mais il est beaucoup plus difficile de soutenir que le travail bénévole n’a aucune importance. Les faits sont simples et à peu près irréfutables : Le financement de l’aide juridique est inadéquat et c’est pourquoi des parties en litige non représentées ou représentées par elles-mêmes se débattent dans le système. Puis il y a tous les autres, les laissés pour compte qui pourraient ne jamais accéder au système s’il n’y avait pas tous les avocats et avocates qui font du travail bénévole.

Le bénévolat : c'est plus qu'un roman de Grisham.

Le bénévolat : c'est plus qu'un roman de Grisham.

Donc, pour les fans de Roosevelt et Grisham qui aiment une bonne histoire, voici un peu de réalité digne d’un roman offerte à titre gracieux par une clinique juridique gratuite des Prairies. Gloria, une dame âgée qui assiste Ethel, une handicapée mentale, depuis vingt ans, a été cliente de cette clinique le mois dernier. Les deux femmes vivent ensemble et survivent confortablement grâce à des pensions et à un fonds en fiducie établi pour prendre soin d’Ethel, mais un beau jour, les choses commencent à se gâter. Un membre de la famille se met à les voler et à voler le fonds en fiducie. Gloria glisse et fait une chute qui nécessite son transport en ambulance. Plusieurs semaines plus tard, une facture de 300 $ du service d’ambulance arrive au courrier et les événements font boule de neige. La police ne peut trouver assez de preuves pour porter des accusations dans l’affaire du vol du fonds en fiducie. Une agence de recouvrement se met à téléphoner au sujet de la facture d’ambulance impayée. Après la frayeur de l’hôpital, les dames prennent conscience du fait qu’elles n’ont pas de testament à jour. Elles ont également besoin de conseils juridiques à propos de la demande de paiement de l’agence de recouvrement et de la gestion de la fiducie. Elles n’ont pas assez d’argent pour rembourser les frais d’ambulance, ni pour payer un avocat afin qu’il écoute leur histoire compliquée et comprenne comment elles en sont arrivées là. Il est inutile de se rendre à l’Aide juridique : leurs revenus sont trop élevés et leurs problèmes juridiques ne sont pas d’ordre criminel ou familial; ils se trouvent hors des limites du système. Elles sont coincées.

Stella est une autre cliente de la même clinique juridique gratuite. C’est une immigrante qui élève seule trois enfants depuis six ans. Elle travaille fort et gagne assez d’argent pour prendre soin des enfants. Elle épargne même pour leurs études secondaires. Elle est séparée de son mari depuis six ans et n’a jamais reçu de pension alimentaire. Elle veut divorcer, mais ne connaît rien des pensions alimentaires et du partage des biens; elle ignore si cette requête de nature judiciaire influencera sa tentative de parrainer sa sœur en vertu du programme des candidats et candidates à l’immigration. Comme dans le cas de Gloria et d’Ethel, l’aide juridique n’est pas envisageable. Stella a un revenu juste un petit peu trop élevé et l’aide juridique ne s’applique de toute façon pas au partage des biens ou aux questions d’immigration. Stella ne connaît guère les options qui s’offrent à elle, mais elle sait qu’un ami qui a dépensé 5000 $ il y a deux ans pour obtenir un divorce n’est toujours pas divorcé. Stella ne veut pas faire la même erreur.

La bonne nouvelle est que Gloria et Stella ont trouvé de l’aide dans une clinique juridique gratuite organisée. La mauvaise est que tout le monde n’a pas cette chance. Les détails des histoires changent légèrement d’une province ou d’un territoire à l’autre, mais un examen rapide des clients et clientes types de la clinique juridique gratuite qui aide ces dames permet de déceler quelles parties du droit exigent le plus l’attention des avocats bénévoles au Canada : problèmes familiaux, d’immigration, criminels et liés à la pauvreté généralement considérés comme des affaires civiles (petites créances, appels concernant des services gouvernementaux, problèmes débiteur-créancier, etc.).

Une autre réalité assez désagréable avec des ramifications pour les organisations bénévoles est que les plaideurs représentés sont souvent obligés de se représenter eux-mêmes quand les factures juridiques atteignent les 10-15 000 $ et qu’aucun règlement n’est en vue. Comprenez-moi bien – je ne dis pas qu’en tant qu’avocats, nous ne méritons pas une rémunération adéquate pour nos services. Bien sûr que nous la méritons. Si Kermit et John font de gros sous en écrivant sur le droit, nous devrions en faire un peu pour l’exercer. Toutefois, la réalité (revoilà ce vilain mot) est que pour beaucoup de gens dans notre société, les honoraires d’avocat ne sont tout simplement pas abordables. Les personnes dont nous parlons n’ont pas d’épargnes ou de fonds d’urgence. Elles vivent généralement d’un chèque de paye à l’autre, et les dépenses imprévues bouleversent leurs finances et les empêchent de joindre les deux bouts. Les événements qui exigent des conseils juridiques sont de par leur nature même imprévisibles et sont souvent teintés par des éléments émotionnels et stressants. Emprunter de l’argent pour payer des services juridiques est au mieux terrifiant, au pire impossible. Les banques et les établissements de crédit n’aiment pas être confrontés au résultat des histoires de malchance.


« Davantage de travail bénévole n’est pas la solution (c’est un financement adéquat de l’aide juridique qui l’est), mais tant que le financement de l’aide juridique n’est pas ce qu’il devrait être, les efforts organisés et les efforts bénévoles ad hoc peuvent vraiment aider. »

Le résultat de toutes ces réalités? Un fossé croissant entre les personnes qui ont droit à une représentation par un avocat grâce à l’aide juridique gouvernementale et celles qui peuvent en fait se permettre de payer un avocat au taux courant.

C’est ce fossé – et les personnes qui continuent d’y tomber – qui est très troublant. Davantage de travail bénévole n’est pas la solution (c’est un financement adéquat de l’aide juridique qui l’est), mais tant que le financement de l’aide juridique n’est pas ce qu’il devrait être, les efforts organisés et les efforts bénévoles ad hoc peuvent vraiment aider. Il suffit de demander à Gloria et à Stella. (Bien sûr, j’ai inventé leurs noms, mais leurs histoires sont réelles.) Elles seraient probablement les premières à vous dire que leur situation n’était plus aussi compliquée une fois débrouillée. Cependant, leurs chances de démêler leur situation sans conseil juridique ou représentation étaient du même ordre que les miennes de pondre un roman à succès.

C’est ainsi que, séduits par l’œuvre de Kermit et fascinés par les histoires de la vie réelle, vous êtes maintenant convaincus qu’un peu de travail bénévole est non seulement nécessaire, mais que ça pourrait être bon pour vous. Cela contribuera après tout à donner confiance au public dans le système judiciaire et vous seriez disposé à y consacrer quelques heures ici et là. Mais par où commencer? Comment trouver les Gloria et les Stella?

Eh bien, Kermit et John suggèrent de travailler dans un grand cabinet d’avocats de Washington, d’être désillusionnés, de se laisser pousser les cheveux, puis de tomber sur une conspiration extrêmement emberlificotée et incroyablement dangereuse que vous seul pouvez débrouiller.

Ou encore, vous pouvez simplement prendre contact avec le président du Comité local des services juridiques bénévoles de l’ABC ou visiter le site Web du Comité.

P.-S. Il n’était pas du tout dans mes intentions d’offenser Kermit Roosevelt ni John Grisham. Si vous voulez lire de très bonnes histoires, procurez-vous In the Shadow of the Law, de Roosevelt, et The Street Lawyer, de Grisham.

Pamela R. Kovacs est membre du Comité national des services juridiques bénévoles de l’ABC et associée du cabinet McKercher McKercher & Whitmore LLP, de Regina.

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Frais de scolarité : la méthode australienne
Par Loreley Berra

Note de la rédaction – L’augmentation des frais de scolarité et l’accumulation des prêts étudiants est une dure réalité, tant pour la génération actuelle de jeunes avocats et avocates que pour les futurs diplômés. Loreley Berra, présidente de Jeunes avocats et avocates de l’ABC pour le sud de la Saskatchewan, examine comment l’Australie s’attelle au problème de permettre aux étudiants et étudiantes de faire des études universitaires sans s’endetter déraisonnablement.

Comment réussir à payer les milliers de dollars que coûtent les études chaque année tout en ayant un toit sur la tête, de la nourriture dans son assiette et en achetant les manuels dont le poids et les dimensions ne cessent d’augmenter?


« Comment réussir à payer les milliers de dollars que coûtent les études chaque année tout en ayant un toit sur la tête, de la nourriture dans son assiette et en achetant les manuels dont le poids et les dimensions ne cessent d’augmenter? »

En Australie, les frais de scolarité pour les étudiants qui sont citoyens australiens et les résidents permanents sont établis par le Higher Education Contribution Scheme (HECS).

Les étudiants paient une partie de leurs études, mais pas le montant total du service.

Mais ne vous méprenez pas, les frais de scolarité annuels peuvent tout de même être élevés.

Au début de chaque année scolaire, les étudiants ont trois choix :

  1. Payer au début de chaque année la totalité de leurs frais de scolarité et recevoir un rabais de 20 p. 100;
  2. Payer au début de l’année une partie des frais de scolarité et avoir droit à un rabais de 20 p. 100 sur cette portion, puis reporter le paiement du reste grâce au système du HECS ;
  3. Reporter chaque année le paiement de la totalité des frais de scolarité grâce au système HECS et rembourser leur dette par le truchement du système fiscal.

La deuxième et la troisième options sont celles qui susciteront vraisemblablement le plus d’intérêt. Si vous reportez le paiement de vos frais de scolarité, c’est comme si vous receviez un prêt du gouvernement fédéral. Le gouvernement fédéral paie directement le fournisseur de services à votre place, et la dette est inscrite à l’Australian Tax Office en regard de votre numéro de dossier fiscal (la version australienne du NAS). Votre dette pour frais de scolarité s’accumule jusqu’à ce que vous ayez terminé votre programme d’études.

It may not look like Canada, but our common heritage means we may have more in common with Australia than you might think – including the need to produce innovative programs to help fund tuition.

L’Australie – qui est, comme le Canada, un État du Commonwealth – partage avec lui des liens plus profonds qu’on pourrait le croire de prime abord.

Comment le prêt est-il remboursé? Les remboursements obligatoires commencent lorsque vous commencez à gagner le seuil de revenu minimum – en 2006, il était de 36 000 $. Les paiements, qui constituent un pourcentage de votre revenu, allant de 4 à 8 p. 100, sont automatiques et sont effectués par le truchement du système fiscal.

Par exemple, imaginons que votre salaire est de 36 000 $. Votre talon de chèque de paye indique vos retenues générales, y compris l’impôt approprié. Une déduction supplémentaire de 4 p. 100 sera ajoutée automatiquement pour le remboursement de votre prêt du HECS.

Au fur et à mesure que votre revenu augmentera, le pourcentage du remboursement augmentera également, jusqu’à un maximum de 8 p. 100 pour un revenu supérieur à 67 000 $. Vous pouvez effectuer des remboursements volontaires à n’importe quel moment et pour chaque montant de 500 $ remboursé volontairement, vous aurez droit à un rabais de 10 p. 100. Le prêt de HECS est sans intérêt, mais il est indexé annuellement pour tenir compte des changements de l’indice des prix à la consommation (IPC).

Habituellement vous n’êtes admissible à ce type de financement qu’une fois à chaque niveau d’enseignement supérieur. Par exemple, vous pouvez recevoir du financement dans chacun des cas suivants : un certificat, un diplôme, un baccalauréat, un grade supérieur (par exemple un LL.B), une maîtrise et un doctorat.

Évidemment, les études ne se réduisent pas aux frais de scolarité. D’autres options de financement existent pour les frais de subsistance – mais c’est une autre histoire qui sera abordée une autre fois.

Des commentaires ou des questions?

N'hésitez pas à communiquer avec moi à lberra@justice.gov.sk.ca.

Jeunes avocats et avocates de l’ABC présentera une résolution lors de la Conférence juridique canadienne 2006 à St. John’s, résolution demandant aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de faire davantage pour les étudiants et étudiantes en droit et les jeunes avocats et avocates, en considérant les périodes de stage et les programmes de préparation au barreau dans chaque province ou territoire comme faisant partie de la période des études (afin que les intérêts sur les prêts étudiants ne s’accumulent pas et que les paiements ne soient pas exigibles), en garantissant à tous l’égalité d’accès aux écoles professionnelles et en créant des programmes de financement pour que tous les Canadiens et Canadiennes aient accès aux programmes professionnels. On peut consulter le texte complet de la résolution sur le site Web de l’ABC.

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5 sites : Trouver un mentor
Par Jared Adams
Rédacteur en chef d’Addendum

Si vous êtes un jeune avocat ou une jeune avocate à ses débuts, il est bon d’obtenir des conseils sur votre pratique, vos responsabilités et votre avenir auprès de quelqu’un qui a de l’expérience dans ce domaine. Mais bien que les mentors soient précieux, ils ne se trouvent pas en criant lapin – il faut du temps et des efforts pour établir une relation complexe et cruciale de ce type. Dans les 5 sites de ce numéro, nous examinons quelques ressources pour vous aider à trouver des mentors potentiels et à nouer une relation – ainsi que quelques tuyaux pour ceux et celles d’entre vous qui avez parcouru assez de chemin pour envisager de donner en retour.

  1. Gestion d’une relation de mentorat http://www.practicepro.ca/Practice/Mentoring_Booklet.pdf. practicePro, la compagnie d’indemnisation professionnelle des avocats et avocates, offre ce livret de 39 pages plein de conseils pour ceux qui cherchent un mentor, ceux qui souhaitent en devenir un et ceux qui aimeraient créer un programme de mentorat au sein de leur cabinet. C’est un regard complet sur les tenants et aboutissants, ainsi que sur les pièges d’une relation de mentorat, du début à la fin.
  2. Un guide de l’Advocates Society pour un bon mentorathttp://www.advocates.ca/mentoring/goodMentoring.html. L’Advocates’ Society offre sur Internet cette ressource sur le mentorat, y compris des conseils pour trouver des mentors et des protégés, un coup d’œil à des programmes de mentorat formels et informels et des tuyaux sur ce à quoi doit s’attendre et ne pas s’attendre toute personne impliquée dans une relation de mentorat.
  3. Ressource de mentorat de District of Columbia Barhttp://www.dcbar.org/for_lawyers/bar_services/practice_management_advisory_service/mentor.cfm. La ressource de mentorat en ligne de D.C. Bar porte en grande partie sur les premiers stades d’une relation de mentorat, y compris comment et où trouver un mentor, des protocoles pour vous aider à éviter les champs de mines et des idées sur la manière de développer la relation.
  4. Mentoring Across Differences: Un guide pour un mentorat mixte et interracialhttp://www.mcca.com/site/data/researchprograms/GoldPathways/index.shtml. Le regard jeté par la Minority Corporate Counsel Association aux défis et aux réussites de femmes et de groupes à caractère racial dans leur recherche de relations de mentorat. C’est également une ressource précieuse pour ceux qui recherchent des mentors issus d’un autre milieu.
  5. « Vous voulez un mentor? Trouvez le vôtre et développer la relation », New York Law Journal. http://www.law.com/jsp/article.jsp?id=1048518175101. Une capsule sur la manière de trouver un mentor et de développer la relation de mentorat proposée par le New York Law Journal. Vous n’avez pas le temps de fouiller les ressources exhaustives présentées ci-dessus? Commencez ici pour avoir un aperçu de la manière dont le mentorat fonctionne et de ce que devraient être vos premières étapes.

Jared Adams est rédacteur d'Addendum et gagnant, en 2006, d'un prix Kenneth R. Wilson.

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EnPratique de l'ABC : Se bâtir un clientèle, planification de carrière et informatique juridique

Il existe souvent un fossé entre la génération des avocats et avocates qui ont bâti la clientèle actuelle du cabinet et la génération montante qui a peu d’expérience en la matière.

Pour les cabinets d’avocats et d’avocates qui doivent travailler dans un environnement de plus en plus concurrentiel, ce fossé entre générations peut avoir de graves répercussions sur les affaires.

Ce mois-ci sur EnPratique de l’ABC, apprenez comment les cabinets apprennent à la génération montante de jeunes avocats à se bâtir un clientèle.

De plus, consultez le plus récent chapitre de Welcome to Reality: A New Lawyer’s Guide to Success, qui traite de la planification de carrière.

Du nouveau à EnPratique de l’ABC :

Pour en savoir plus et pour connaître les nouveaux balados, éléments interactifs et distributeurs de nouvelles, visitez http://www.cba.org/abc/PracticeLinkfr/Home/default.aspx.

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