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Toucher son dû
Le travail n'est pas entièrement terminé tant qu'on n'a pas été payé. Voici comment faciliter le recouvrement.

Certains clients traînent indûment le paiement des honoraires de leur avocat. Vous pouvez vous faciliter la vie quand il s'agit de vous faire payer.

Première précaution : avant même d'amorcer le travail, exigez un acompte, spécialement en droit criminel et en droit familial. « Vous ne pouvez pas présumer qu'une personne peut ou veut vous payer juste parce qu'elle se présente à votre bureau avec un problème d'ordre juridique », prévient Paul McLaughlin, conseiller en gestion de la pratique au barreau de l'Alberta. « Ce n'est pas au moment où un compte devient en souffrance qu'il faut s'en préoccuper mais beaucoup, beaucoup plus tôt dans la relation. » Il suggère de vérifier soigneusement le dossier de crédit de l'éventuel client et d'aborder ouvertement et clairement la question financière dès la première rencontre.

« Il y a une importante obligation déontologique d'informer le client, dès le départ, de ce qu'il pourrait lui en coûter éventuellement », explique Allan Adel de Montréal, secrétaire-trésorier de la Conférence des juristes de la pratique générale ou exerçant seuls ou en petits cabinets. Selon lui, la difficulté à obtenir paiement trouve la plupart du temps sa source dans un problème de communication. Me Adel a appris à estimer ses services, avançant une fourchette allant de 5 000 $ à 15 000 $.

L'avocat et le client devraient convenir par écrit de la teneur des services à rendre. L'entente devrait prévoir clairement qui assumera le coût des débours, des frais judiciaires, des taxes, etc. et contenir un taux d'intérêt sur les comptes échus suffisamment élevé pour encourager le paiement hâtif. Me Adel recommande aussi de questionner le client pour évaluer sa capacité de payer (et celle de son conjoint, le cas échéant).

Kristin Storey Hillenbrand de Prince Albert (Saskatchewan), dont le cabinet traite principalement des causes en droit familial, vérifie elle aussi où le client ou la cliente travaille et depuis combien de temps. Elle s'assure qu'un paiement mensuel supplémentaire est envisageable. Après la faillite de certains clients, son cabinet a modifié sa politique et les avocats peuvent désormais exiger des versements mensuels échelonnés d'environ 250 $.

Richard Stock, consultant chez Catalyst, recommande une facturation régulière, si possible tous les 30 jours. Évitez d'indiquer le nombre d'heures passées à chaque activité, à moins que le client ne l'exige. Mettez plutôt l'accent sur les réalisations et les résultats obtenus. M. Stock déconseille de facturer les débours comme les photocopies. Selon lui, un client qui doit payer 0,25 $ pour une photocopie risque de croire que toute sa facture a été majorée. Restez poli mais assurez assidûment le suivi.

En général, le secret consiste à maintenir une bonne communication, ouverte et franche, avec les clients. C'est aussi le meilleur moyen de les voir revenir et vous recommander à d'autres. Si le paiement retarde, il vaut mieux en discuter le plus tôt possible.

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