À la périphérie de la tempête
Les cabinets canadiens relativement à l’abri, mais pour combien de temps?
Par Nicolas Ritoux, Juin 2009
« Ici à New York, c’est l’œil du cyclone. Les cabinets d’avocats sont en mode survie. Beaucoup ont bâti leur succès sur un monde qui n’existe plus », se lamente le blogueur Bruce McEwan (adamsmithesq.com). « Cette récession touche tous les secteurs, et n’est pas due à des facteurs extérieurs comme le prix du pétrole ou la prudence des consommateurs. Elle provient d’une attaque directe au cœur du système capitaliste. »
Ces paroles peu encourageantes reflètent bien l’état d’esprit de nos confrères américains, qui ont connu des dizaines de milliers de pertes d’emplois depuis l’automne. Mais rassurez-vous : il semble que les cabinets canadiens soient relativement à l’abri de ce « cyclone », mis à part quelques dizaines de licenciements annoncés jusqu’à maintenant, notamment chez Cassels Brock et Fraser Milner Casgrain (tous deux à Toronto).
« Les villes canadiennes ont une économie plus diversifiée que Londres ou New York. Vos cabinets n’ont pas fait la folie de se concentrer sur des disciplines uniques, comme le secteur de la finance et des titrisations, qui est complètement moribond », analyse Bruce McEwan.
« Pour traverser les crises, un cabinet doit être équilibré entre différents secteurs d’affaires et paliers juridiques », opine Claude Auger, associé directeur chez Fasken Martineau.
« Chez nous, la crise actuelle n’est pas plus grave que celles de 1982, de 1994 ou du début des années 2000 », rassure-t-il. « Il faut savoir rester optimiste et se concentrer sur les opportunités. Quand la poussière va retomber, on va entrer dans une belle période, notamment avec le cycle de règlementations gouvernementales qui s’annonce. »
|
|