Naviguer sur le marché du travail des boomers
Par Alison Arnot
Il y a eu d’innombrables articles et de récits journalistiques sur la génération Y et les « post-boomers », ceux qui sont âgés entre vingt ans et trente ans et qui entrent actuellement sur le marché du travail, et sur la manière dont les générations plus âgées devront s’ajuster à cette nouvelle force sur le marché du travail.
Cependant, selon notre dernière vérification, les générations plus âgées — les baby-boomers et certains membres de la génération X — détiennent toujours le pouvoir et prennent la plupart des décisions, en particulier sur les lieux de travail (comme dans les cabinets d’avocats) où la hiérarchie règne. Donc, jusqu’à ce que les post-boomers gèrent les comités des cabinets, voici certaines astuces pour se démarquer sur le lieu de travail au sein d’un cabinet d’avocats.
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Les membres de la génération Y sont habitués à recevoir un renforcement positif et une rétroaction constante, qu’ils peuvent ne pas être en mesure d’obtenir de la part de certains avocats plus âgés dans un cabinet. Si vous avez besoin d’une rétroaction, vous pouvez avoir à la demander.
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1. Soyez attentifs à la hiérarchie. « Cette génération [les post-boomers] se montre très agressive pour obtenir ce dont elle a besoin », affirme Tammy Hughes, présidente de Claire Raines & Associates, une société de consultants en ressources humaines du Texas. Dans un cabinet d’avocats, cela peut signifier d’aller poser des questions à un des associés principaux ou lui exposer ses idées plutôt que de chercher à obtenir l’avis du superviseur immédiat.
« La chose la plus importante à laquelle vous aurez besoin de les préparer, explique Mme Hughes, et ils sont très ouverts à ce type de conseils, c’est qu’il existe des niveaux hiérarchiques, en particulier dans les cabinets d’avocats. » Cela nous amène à une deuxième remarque :
2. Comprendre les générations plus âgées. Mme Hugues cite un proverbe arabe suivant lequel « les gens ressemblent à leur époque plus qu’ils ne ressemblent à leurs parents ». Les boomers ont grandi dans un contexte de changements majeurs et sont entrés dans la population active à une époque de prospérité économique. Ils ont peut-être manqué de confort durant leur enfance, mais ils l’ont obtenu plus tard, en devenant la génération connue pour son matérialisme.
De l’autre côté, la Génération X fait la moitié de la taille de la génération antérieure et beaucoup de ses membres ont grandi dans une maison où leurs parents ont divorcé et/ou les deux parents travaillaient. Ce sont eux les enfants qui rentraient chez eux avant leurs parents, ce qui leur a donné un certain degré d’autonomie et d’indépendance dans leur méthode de travail. Ils ont d’autre part des priorités différentes de celles des générations qui les ont précédés, en travaillant pour vivre, plutôt qu’en vivant pour travailler.
Cela nous amène aux post-boomers, une large cohorte d’individus qui ont reçu beaucoup de soutien de la part de leurs parents, qui ont grandi dans un environnement bien défini et qui ont constamment été encadrés. « Leur enfance a été une période très amusante, tout le monde prenait soin d’eux et les idolâtrait. Ce n’est pas le [vécu] de la génération qui les a précédés », indique Hughes. Ainsi, si votre responsable ne veut pas discuter de la fin de semaine, et qu’il veut se mettre au travail, vous devriez comprendre qu’il ne s’agit pas d’une insulte, mais que cela peut tout simplement refléter l’époque dans laquelle il a grandi.
3. Apprendre de leur expérience. « Cela ne signifie pas que vous ne puissiez pas exprimer vos idées », affirme Hughes. Mais soyez préparé à la critique. « Si votre idée se fait démolir, ce n’est pas grave. » Les membres de la génération Y sont habitués à recevoir un renforcement positif et une rétroaction constante, qu’ils peuvent ne pas être en mesure d’obtenir de la part de certains avocats plus âgés dans un cabinet. Si vous avez besoin d’une rétroaction, vous pouvez avoir à la demander.
Le cadre du cabinet d’avocats peut aussi exiger plus d’autonomie de la part des jeunes avocats que ce à quoi ils étaient habitués. « Les avocats de la génération Y, du fait de la façon dont ils ont été éduqués ou élevés, sont habitués à travailler en groupe », indique Tara Erskine, la responsable des ressources humaines en matière juridique chez McInnes Cooper à Halifax.
« Et les avocats de la génération X sont assez bons en matière d’autonomie. Ainsi, les avocats de la génération Y peuvent avoir besoin d’être un peu plus autonomes et être en mesure de travailler sur un projet. En tout cas, il y aura des occasions de travailler en groupe, mais ce ne sera pas toujours le cas. »
4. Accepter la réalité du temps de présence. « Les avocats qui ont passé de nombreuses d’années dans un cabinet, explique Erskine, peuvent avoir l’habitude de mesurer la quantité de travail dont s’acquittent les jeunes collaborateurs en fonction de leur temps de présence. Ainsi, si vous êtes dans votre vingtaine et que vous avez l’habitude de prendre votre ordinateur portatif pour travailler depuis la maison au petit matin, vous devez en informer les avocats plus âgés. »
« De la même manière, les avocats plus jeunes devront faire preuve d’une certaine flexibilité en soirée et au cours des fins de semaine pour être capables de tirer parti des possibilités de contact avec les clients qui peuvent se manifester, telles que des œuvres de bienfaisance », indique Erskine.
5. La communication avec l’ancienne école. Certains des avocats les plus chevronnés du cabinet pourront préférer la rencontre en face à face à la conversion par courriel. « Les avocats plus âgés peuvent avoir une compréhension différente de ce que le fait de se rencontrer et de travailler ensemble sur un dossier peut bien vouloir dire », affirme Erskine. Elle conseille de jeter dès le départ les bases de la façon dont vous comptez communiquer avec les autres sur un projet.
À nouveau, le fossé générationnel relatif au fait d’être à l’aise avec la technologie est en train de s’estomper. Don Higa, directeur du perfectionnement professionnel et de la gestion des risques chez Macleod Dixon s.r.l., à Calgary, ne pense pas que cela puisse constituer un problème. « Tout le monde travaille à distance et par courriel, dit-il. Même les avocats les plus âgés le font… La réalité est qu’étant donné que vos clients le font, vous serez donc contraints de le faire. »
6. Soyez clairs quant à vos objectifs de carrière, mais soyez aussi patients. La plupart des cabinets suivent le modèle traditionnel de la société en nom collectif, dans laquelle les collaborateurs investissent un nombre particulier d’années et à l’issue desquelles ils sont censés postuler pour devenir associés. Cependant, il existe des signes permettant de penser que ce modèle peut être en train de changer afin de satisfaire les différentes priorités des générations les plus jeunes.
Pour certains post-boomers, devenir associé peut ne pas être la priorité, tandis que d’autres peuvent être pressés d’accéder à ce statut. « Les cabinets doivent faire preuve d’une certaine flexibilité pour réaliser qu’être associé n’est pas l’objectif de tous les avocats », indique Erskine.
McInnes Cooper a créé dans son modèle de société en nom collectif une flexibilité à deux niveaux. Elle a raccourci la durée à l’issue de laquelle on peut demander que les collaborateurs qui estiment avoir satisfait aux exigences puissent avancer plus tôt. Dans le même temps, les avocats qui ont différentes priorités n’ont plus à postuler après sept ans d’ancienneté, comme ils étaient censés de le faire dans le passé. « Il ne s’agit plus d’une ‘promotion ou d’une mise à l’écart’, comme c’était traditionnellement le cas, explique Erskine, et nos collaborateurs ont répondu à cela d’une façon assez positive. »
Quelle que soit la génération à laquelle vous appartenez, il devrait y avoir une place pour vous sur le marché du travail dans le domaine juridique. Pour sa part, Don Higa ne pense pas qu’il existe beaucoup de différences entre les générations. Pour lui, toutes les différences au niveau des méthodes de travail et des priorités sont simplement liées à l’âge. « Les gens changent du fait de la maturité et de leurs obligations — financières, familiales et autres, indique-t-il. « En prenant de l’âge, vous faites face à ces obligations. »
Cet article a paru dans l'édition 2008 du numéro spécial étudiant du National.
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