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Que faire quand des affrontements deviennent personnels

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Que faire quand des affrontements deviennent personnels

Par Ava Chisling

L’avocat de Chicago Gerald Goldberg a accumulé des trucs juridiques pendant 40 ans. Il vient de les consigner dans un livre, Practical Lawyering: The Skills You Did Not Learn in Law School. Voici quelques-unes de ses stratégies.

Comprenez les avocats adverses et les juges

Observez les gens discrètement et découvrez à quoi vous attendre lorsque vous les rencontrerez. C’est particulièrement utile dans le cas d’un juge devant lequel vous n’avez jamais comparu. Assistez à une de ses audiences avant qu’il n’instruise votre affaire. Vous verrez quels genres de questions il pose et comment il gère son tribunal. Quant aux parties, faites des recherches en ligne et découvrez ce qu’elles ont écrit. Mais rien ne vaut de voir votre adversaire à l’œuvre. « Plus vous approfondissez et plus vous écoutez, plus vous serez à l’aise de leur faire face », dit M. Goldberg.

QUAND VOUS GAGNEZ, QUAND VOUS PERDEZ

• Lorsque vous gagnez, ne pavoisez pas. Soyez magnanime, remerciez le juge et le personnel du tribunal, ne vous attardez pas et savourez la victoire.

• Il y a des indices qui annoncent une défaite, par exemple quand le juge cite votre adversaire dans le préambule de sa décision ou quand il évite de croiser votre regard.

• Écrivez les éléments clés au moment où la décision est rendue. Si je perds, je veux pouvoir poser une ou deux questions pour obtenir des précisions ou déterminer les éventuels recours.

• Si je perds, je tente de quitter de bonne grâce, sans jamais manquer de respect.

• Si le client est avec moi, il est très important de pouvoir expliquer ce contretemps, et si possible de retourner au bureau pour discuter de la situation.

• Il s’agit de donner toute son attention au client, sans manifester de colère. Le message à communiquer est que nous avons certes perdu une bataille mais que cette guerre mérite notre attention.

Adapté de l’ouvrage Practical Lawyering: The Skills You Did Not Learn in Law School (© Kaplan Publishing, 2009)

Examinez tous les côtés de l’affaire en cause

« Vous devez dire à votre client : “Je suis votre avocat. Je suis ici. Mais il y a un juge, il y a un jury et il y a une partie adverse qui va nous tendre des pièges. Nous devons nous préparer à toute éventualité.” Évitez de conclure hâtivement et de dire à votre client que vous allez gagner. »

Utilisez l’effet de surprise

M. Goldberg se spécialise dans la défense des médecins. Il a gagné plus de 400 procès. À l’occasion, lorsqu’il rencontre un avocat adverse particulièrement malicieux, il déploie des méthodes non orthodoxes – comme feindre l’indignation et utiliser un langage vulgaire – « pour voir comment il réagit », a dit M. Goldberg en entrevue.

« À un âge plus avancé, vous pouvez prendre davantage de libertés, estime-t-il. Mais un avocat de 25 ans peut quand même dire : “Nous allons faire ce procès, mais ne faites pas le malin avec moi.” Si quelqu’un veut vous intimider, vous devez lui faire comprendre que vous ne l’accepterez pas. »

Reconnaissez rapidement les tactiques

M. Goldberg conseille aux jeunes avocats de ne pas s’emporter face à quelqu’un qu’ils n’aiment pas. Par exemple, il a souvent affaire à des procureurs qui tentent de retarder la procédure en posant des questions ou en soulevant des oppositions.

Acceptez le fait que vous ne pouvez pas changer chaque personne peu importe combien elle peut vous irriter dans un contexte professionnel. « Si votre adversaire veut soumettre 12 pages, présentez-en 14. Ne laissez pas voir qu’il vous enrage. Jouez simplement son jeu. »

Sachez que l’emploi de la manière forte peut se retourner contre qui y recourt

Lorsqu’un adversaire est particulièrement odieux, il ou elle indisposera tout le monde et non seulement vous. M. Goldberg suggère d’en profiter. Trouvez un allié, quelqu’un qui semble aussi être agacé par le comportement de l’adversaire.

Par exemple, si l’autre retarde inutilement une négociation, dites à votre client que lui aussi perd son temps et son argent en raison de la lenteur des progrès. Une fois qu’il le comprendra, il voudra faire ce qu’il peut pour activer les négociations. Vous ne serez pas seul.

M. Goldberg affirme qu’il en va de même face à un juge. « Il y a un point où il devient évident que le juge est aussi irrité par un comportement déplorable », dit-il. Si à ce moment vous faites comprendre au juge que vous êtes du même avis, vous rehausserez votre professionnalisme à ses yeux.

Reconnaissez que les « personnalités » font partie de la réalité

De temps à autre, fait remarquer M. Goldberg, vous pouvez croiser un avocat à la personnalité particulièrement difficile ou au comportement caricatural. Selon son propre vocabulaire, l’éventail de ces personnalités comprend l’« égomaniaque », le « Rambo », le « menteur », le « misérable », la « vedette de cinéma » et l’« ami de tous ». Méfiez-vous de ces personnages et restez bien sur vos gardes, dit M. Goldberg.

Par exemple, le misérable affecte un air négligé, mais son complet délabré fait partie d’une tactique : il espère que vous le sous-estimerez. Ne tombez pas dans le panneau.

La vedette de cinéma est plus transparente. Impeccablement vêtu et dissimulant peut-être des faiblesses, ce personnage sera aisément perturbé si vous le contestez.

Soyez prêt à faire face à des personnalités difficiles, mais ne vous laissez jamais distraire par elles. Contestez votre adversaire par moments, et restez calmes par moments. Si vous choisissez bien vos moments, vous augmenterez vos chances de succès.

Ava Chisling est
une avocate spécialiste des médias qui exerce en pratique privée à Montréal.

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