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Un pied dans la porte : Cinq règles d’or pour étudiants en droit

Par Rebecca Bromwich, Vice-présidente, Jeunes avocat(e)s de l'ABC, Décembre 2008

Les étudiants en droit et avocats débutants sont confrontés à une concurrence pléthorique, et les recruteurs doivent composer avec des piles de dossiers de candidature. Malgré l’apparente pénurie d’avocats, les étudiants et les avocats débutants voulant percer doivent franchir une barrière de papier pour arriver à l’entrevue en personne.

L’été dernier, j’ai discuté avec deux avocats chargés du recrutement et du développement de grands cabinets ontariens. À partir de ces échanges, j’ai élaboré à l’intention des étudiants et avocats débutants voulant travailler pour un grand cabinet la liste suivante de tuyaux sur la rédaction d’un curriculum vitæ.

Un pied dans la porte : Cinq règles d’or pour étudiants en droit

Comme les membres des comités de recrutement des étudiants en ont tant à lire, ils seront naturellement plus favorables à ceux qui sont faciles à parcourir, voire visuellement agréables.

Deborah Glatter est une diplômée de l’Université de Windsor. Depuis 1999, elle est directrice du perfectionnement professionnel chez Cassels Brock s.r.l., un grand cabinet généraliste de Toronto. Elle a assumé ce poste après avoir travaillé au Barreau. Scott Whitley est directeur du perfectionnement professionnel chez Lang Mitchener s.r.l.. Après l’École de droit de Queen’s, en 1997, il a immédiatement commencé à travailler sur la rue Bay (à Toronto). Il s’occupe à la fois de recrutement latéral d’avocats et de recrutement d’étudiants. Aussi bien lui que Deborah Glatter ont donné de nombreux séminaires et publié des articles sur la façon dont les étudiants et les avocats débutants peuvent trouver leur « emploi de rêve ».

1. Relisez-vous

Scott Whitley signale d’emblée qu’il doit filtrer des montagnes de candidatures, surtout en ce qui concerne les étudiants. Les grands cabinets reçoivent « trop de demandes pour pouvoir les traiter toutes de façon rigoureuse ». En conséquence, dit M. Whitley, les recruteurs cherchent des motifs d’élimination. Si votre dossier comporte une erreur flagrante de présentation ou d’orthographe, vous êtes exclu. Vérifiez tout, puis vérifiez de nouveau.

Deborah Glatter note que la présentation revêt une grande importance pour les curriculum vitæ des étudiants. « De l’espace blanc est une bonne chose », dit-elle. Il aide à mettre en valeur des éléments importants. Scott Whitley est d’accord que la présentation conditionne la perception du contenu, surtout dans les dossiers des étudiants. Comme les membres des comités de recrutement des étudiants en ont tant à lire, ils seront naturellement plus favorables à ceux qui sont faciles à parcourir, voire visuellement agréables. La longueur de la page devrait être limitée. Le curriculum vitæ crée une première impression.

2. Profitez des ressources de perfectionnement professionnel

Deborah Glatter encourage les étudiants à obtenir l’aide des services de perfectionnement professionnel de leur école de droit. Ils sont « une source fiable de bonne information » sur ce que les cabinets recherchent en termes de nouveaux talents. « Certains étudiants ne croient pas que leurs écoles comprennent véritablement ce que veulent les cabinets, mais elles le comprennent bien. Les écoles collaborent étroitement avec les grands cabinets en ce qui concerne le recrutement. Elles sont au fait de la situation. »

3. Mettez en valeur votre caractère unique

Elle affirme que les candidats les plus recherchés sont ceux qui sont portés sur le travail en équipe et qui ont une grande rigueur intellectuelle, une solide éthique du travail et de l’entregent. Elle insiste que les notes ne sont pas considérées comme étant révélatrices de l’ensemble des compétences pertinentes d’une personne. Parfois, les activités en dehors des études permettent de percevoir son potentiel.


« Peu importe combien un avocat est talentueux, nous n’en voulons pas s’il est un fou furieux. Nous nous respectons mutuellement, et nous ne voulons personne qui gâchera l’atmosphère. »

Scott Whitley estime que « la plus grande erreur que font les étudiants dans leur présentation écrite est qu’il nous parlent de nous, et non d’eux-mêmes. Nous savons ce qui se trouve dans notre site Web; il ne sert à rien de nous le répéter. » Et d’ajouter : « Je veux apprendre quelque chose sur le candidat. Pourquoi croit-il qu’il répondra à nos besoins? » Il encourage aussi les candidats à prévoir dans leur dossier des sections d’intérêt général, y compris sur toute expérience qui pourrait les démarquer.

4. Soyez complet

Les dossiers présentés devraient former un tout complet. Il souligne le fait que des lettres de recommandations devraient être jointes, surtout dans le cas des étudiants. Il ne suffit pas d’indiquer qu’elles sont « disponibles sur demande ».

Les curriculum vitæ devraient aussi indiquer la totalité des antécédents professionnels récents du candidat. Les étudiants et les avocats débutants ne doivent pas hésiter à indiquer leur expérience en dehors du milieu juridique, surtout au début de leur carrière. Deborah Glatter juge que l’éthique du travail peut se manifester de diverses façons : « Une personne qui a choisi de planter des arbres dans le Nord ontarien sait ce que c’est de travailler fort, et je parie qu’elle n’hésitera pas à se relever les manches pour faire le nécessaire – peu importe combien c’est difficile – afin de combler les besoins de son client. »

5. Soyez honnête

De toute évidence, il ne faut pas mentir dans un curriculum vitæ. Il existe des cv frauduleux, mais ils sont en général démasqués. « Vous seriez surpris à quel point nous parlons entre nous », dit Scott Whitley. Le fait de brûler un pont peut miner les chances d’un étudiant ou d’un avocat d’en franchir tout autre.

Mais plus encore, les candidats devraient être clairs et honnêtes quant au genre de travail auquel ils aspirent véritablement. Selon Deborah Glatter, les étudiants peuvent avoir des intérêts généraux, mais les candidats à un poste d’avocat devraient préciser leurs intérêts même s’ils ont une certaine souplesse. Ceux qui ont de l’expérience au sein de cabinets devraient toujours indiquer leurs intérêts.

Scott Whitley affirme qu’en recrutant un avocat et même un étudiant, les grands cabinets cherchent une personne qui restera à long terme vu que l’embauche de nouveau personnel est un grand investissement. Il ajoute qu’il n’est tout simplement pas crédible de la part d’un avocat d’indiquer être prêt à tout faire. Deborah Glatter estime du reste que ce n’est pas utile : elle doit assortir les nouveaux avocats potentiels et les groupes de pratique qui veulent embaucher.

Les cabinets d’avocats ne veulent pas simplement des automates qui débitent les dossiers; Scott Whitley et Deborah Glatter soulignent l’importance de l’entregent, du respect et du travail en équipe. D’après Deborah Glatter, un cabinet d’avocats offre un environnement de travail agréable : « Peu importe combien un avocat est talentueux, nous n’en voulons pas s’il est un fou furieux. Nous nous respectons mutuellement, et nous ne voulons personne qui gâchera l’atmosphère. »

Cet article a été initialement publié dans le magazine
Briefly Speaking / En Bref, la revue de l'Association du Barreau de l'Ontario.

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