Dénicher le bon candidat
Quatre erreurs à éviter lors de l’embauche d’un nouvel avocat.
Embaucher un avocat mérite une attention particulière. C’est ce qu’affirme Caroline Haney du cabinet-conseil Recruitement juridique Haney à Montréal. On doit bien prendre son temps avant d’arrêter son choix sur un candidat. « Mal recruter, ça coût très cher, affirme-t-elle. Des études démontrent que perdre un employé peut coûter jusqu’à 250 000 $ à une entreprise ».
Voici quelques autres erreurs à éviter lorsqu’il s’agit de recruter de nouveaux juristes.
1. Négliger d’évaluer vos besoins
L’urgence entourant l’embauche d’un nouvel avocat survient souvent à l’occasion du départ d’un autre. Vous faut-il alors chercher quelqu’un qui a exactement le même profil? La réponse est : « pas nécessairement ».
L’employeur cherche trop souvent à boucher les trous, sans prendre l’initiative de songer à de nouvelles possibilités. « Les avocats sont comme des flocons de neige, avance Me Haney. Il n’y en a jamais deux de pareils ». On doit donc faire un deuil et profiter de l’occasion pour se demander si nos besoins ont changé.
Votre société autrefois privée peut maintenant être cotée en bourse. Il vous faudrait peut-être alors trouver quelqu’un spécialisé en valeurs mobilières. Ou encore, votre entreprise peut désormais œuvrer dans un nouveau créneau et pourrait profiter des services d’un juriste spécialisé dans une nouvelle industrie.
2. Avoir des préjugés
« Il arrive que des avocats voient entrer un candidat dans la salle où se déroulera l’entrevue et ils ont l’impression d’avoir évalué leur compétence sur les champs, déplore Me Haney. Dix petites secondes et c’est déjà la fin ».
Il faut donc garder l’esprit ouvert. « On peut entrevoir la possibilité d’embaucher quelqu’un d’un peu plus senior, de plus junior, ou encore un membre du barreau d’une autre province, ou quelqu’un avec une expérience hybride ».
Il importe de bien dresser la liste des qualités recherchées chez un candidat parfait, mais encore faut-il tenir compte de la réalité. « Le candidat parfait n’existe pas, tout comme le conjoint parfait n’existe pas non plus, déclare Me Haney. On doit choisir le candidat qui se rapproche le plus de ce que l’on désire et reconnaître que certaines qualités sont plus importantes que d’autres. »
3. Tomber en amour avec le beau parleur
Le charme peut marcher à merveille dans une entrevue, mais pourquoi capituler tout de suite? Me Haney vous met en garde contre le beau parleur. « Beaucoup de gens veulent recruter quelqu’un avec qui ils s’entendent bien et ils tombent alors dans le panneau, commente-t-elle. C’est bien d’avoir des atomes crochus, mais ce n’est pas suffisant ». Il faut gratter un peu, histoire de mieux déceler l’expertise, les compétences et le projet de carrière du candidat.
4. Ne pas écouter
Il faut bien se l’avouer, les bons avocats ne font pas toujours les meilleurs recruteurs. Pressés comme ils sont, ils ne prennent pas toujours le temps de faire les multiples entrevues nécessaires. « Pour une première entrevue, il faut passer au moins une heure avec le candidat ».
Certains tombent aussi dans un autre piège: le monologue qui étale les mérites du cabinet ou de l’entreprise. Dans un marché aussi compétitif, il faut savoir vendre sa boîte, mais selon Me Haney, il ne faut surtout pas négliger « d’écouter le candidat et de poser les bonnes questions, qui peuvent aller du général au plus spécifique ». Et avis à ceux qui cherchent l’originalité à tout prix : évitez les questions provocantes qui ne mène à rien, type « si vous étiez un fruit, lequel seriez-vous? ».
-Yves Faguy
Magazine National, septembre 2007