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Rumeurs sur la ville

Votre client est pris au piège des rumeurs médiatiques? Voici comment stopper la crise.

Lors d’une émission de ligne ouverte, un animateur de radio rapporte des faits relatifs à une affaire de traitement de faveur, une fausse rumeur qui nuit considérablement à la réputation de votre client, une personnalité politique en vue.

La rumeur, reprise par une autre station de radio, se répand un peu partout. L’attaché de presse de votre client envoie un démenti à tous les médias. Fort du communiqué de presse, un journal a repris la nouvelle. Exaspéré, votre client vous demande de stopper le tourbillon médiatique. Que faire ?

Une rétractation immédiate

Selon Gérald R.Tremblay, associé du groupe litige chez McCathy Tétrault à Montréal, l’avocat doit envoyer une mise en demeure « sévère » à l’animateur et son média et négocier le plus rapidement possible avec l’avocat de l’entreprise. « Les médias se montrent de plus en plus réceptifs aux mises en demeure parce que les condamnations des tribunaux sont de plus en plus élevées. Le média doit, s’il veut éviter la poursuite, rétablir les faits sans délai en donnant autant de notoriété à la rétractation qu’à la nouvelle visée », fait valoir Me Tremblay qui plaide d’importantes causes en diffamation.

Afin de limiter les dégâts, Me Tremblay a déjà exigé que sa lettre de mise en demeure soit lue en ondes, car trop souvent dit-il, « poursuivre en diffamation devant les tribunaux ne fait que prolonger l’agonie ».

Faire taire les autres médias

Votre client peut-il empêcher à l’avance les autres médias de répandre la rumeur en demandant une injonction? Pour Mark Bantey, associé du groupe litige chez Gowling Lafleur Henderson à Montréal, cela irait à l’encontre du but recherché. « Si vous tentez de faire taire les médias, la première réaction des gens est de penser que vous avez quelque chose à cacher. Résultat : cela va attirer encore plus leur attention et publiciser la rumeur encore davantage », explique l’avocat qui représente de nombreux médias locaux et nationaux.

En pareil cas, en plus d’être difficiles à obtenir, les injonctions sont la plupart du temps inefficaces. « Les injonctions sont faciles à contourner par Internet et il est très difficile de faire respecter une ordonnance d’un tribunal en dehors de son territoire, explique Me Bantey. Même les ordonnances de non-publication ne peuvent empêcher les gens de parler. De plus, le secret encourage la spéculation, ce qui peut entraîner des dommages à la réputation de personnes qui n’ont rien à voir avec l’affaire. »

Le communiqué : un scénario à risque

Est-ce une bonne stratégie de neutraliser la nouvelle par un communiqué ou par une conférence de presse? « C’est un scénario à risque, fait valoir Mark Bantey. On pourra vous reprocher d’y avoir recours car il rend publique la controverse. On pourra aussi vous reprocher de ne pas y avoir recours car si vous ne niez pas la rumeur les gens vont croire que c’est vrai. » Aussi, conseille-t-il d’émettre un communiqué bref et clair du genre : l’article est faux et nous n’avons pas d’autres commentaires. « Souvent, déplore l’avocat, la personnalité, blessée par les propos diffusés, en met trop alors qu’elle aurait avantage à agir avec plus de réserve afin d’éviter de répandre la nouvelle. »

Bref, il est bon de se rappeler qu’en période de crise les maux des personnalités publiques sont à panser en choisissant ses mots avec précaution!

- Louise Vadnais

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