Trouver l’inspiration
C’est la variété de connaissances et d’expériences qui mène à la créativité.
Par Louis Baribeau
Une approche originale est explorée depuis quelques années dans certaines communautés dans le Nord canadien : les cercles de sentences – une forme de justice réparatrice adaptée à la culture autochtone. Comme le cercle vise à produire, par consensus, une décision qui répond aux préoccupations de tous les intéressés de la communauté, les proches de l’accusé et de la victime ainsi que des représentants de la communauté participent à la sentence.
Voilà une belle illustration de créativité dans le milieu juridique, estime Laurent Simon, professeur de créativité à l’école de gestion HEC Montréal. « La créativité est un assemblage nouveau de connaissances existantes », affirme-t-il.
Selon le professeur, les avocats créatifs sont ceux qui maîtrisent le droit, tout en puisant dans leurs connaissances et expériences dans d’autres disciplines.
La polyvalence est une qualité recherchée chez les jeunes avocats, souligne Sylvie Rodrigue, avocate chez Ogilvy Renault, un cabinet qui voit d’un bon œil les candidats avec de bons résultats académiques, et un peu de vécu en dehors du droit.
Échanger et débattre
Forcément, l’avocat créatif se nourrit d’échanges et de débats. Mais pour que l’information et les idées circulent librement, il faut encourager les remises en question, supporter l’expérimentation et donner le droit à l’erreur. « Quand on condamne les tentatives menant à l’échec, on apprend à ne plus être créatif », dit François-Bernard Malo, chercheur en créativité et innovation au Département de relations industrielles à l’Université Laval à Québec. C’est dans un environnement de travail peu hiérarchisé que la créativité prend donc racine.
Réveiller le cerveau intuitif
Mais attention à la surabondance de logique rationnelle — une affliction qui guette les avocats. Le cerveau s’ennuie et devient moins créatif, prévient le neuropsychologue Gilbert. Pour y remédier, il suffit de compenser les activités intellectuelles par des expériences sensorielles: regarder un paysage ou écouter son cœur battre. M. Gilbert propose cette approche dans son séminaire, réservé aux pdg d’entreprises qui souhaitent réveiller leur sens intuitif , et qui amène les participants en plein désert du Sahara.
Limiter l’utilisation de l’intellect
La logique rationnelle joue un rôle surtout au début et à la fin d’une quête de solution. Au début pour examiner le problème sous divers angles, identifier les enjeux, les obstacles, bref recueillir le plus d’informations possible.
Il faut impliquer le client à cette étape, pour connaître ses attentes quant aux résultats. La logique rationnelle viendra appuyer le choix des questions qui orienteront la recherche des solutions.
Elle permettra également d’évaluer les solutions identifiées. Sont-elles de nature juridique? Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients? Répondent-elles aux attentes du client?
Le brainstorming
C’est à l’étape de la recherche des solutions en tant que telle que l’on fait appel à la pensée intuitive. Prenez le brainstorming, par exemple, un exercice qui consiste à se répéter la question directrice et à exprimer toutes les idées qui nous viennent à l’esprit. « On se met en mode aventure, souligne Sébastien Rivest. L’ennemi du brainstorming est le jugement. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise idée. La pire des âneries peut aider à trouver la solution. »
Créer est un jeu. Alors… amusez-vous.
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