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L’art de s’offrir un congé sabbatique
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L’art de s’offrir un congé sabbatique

Il est tout à fait possible de prendre quelques mois de congé.  Il suffit d’être prévoyant et bien préparer son coup.

Par Claude Duchesnay

« Prendre un congé sabbatique, c’est la grâce que je souhaite à tous », lance d’emblée Jean-René Ranger, associé chez Borden Ladner Gervais à Montréal.

Me Ranger a lancé le bal. L’avocat spécialisé en droit du travail a été le premier associé à se prévaloir d’une politique avant-gardiste, adoptée en 2006 par ce cabinet d’envergure nationale.

La politique accorde à chaque associé qui possède au moins cinq ans d’ancienneté de demander, à tous les cinq ans, trois mois de congé incluant le mois de vacances annuel.  Les congés sont attribués selon le  principe du « premier arrivé, premier servi ».

Mais pour réussir son congé sabbatique, il faut bien préparer le terrain, avertit Me Ranger.

« Il faut d’abord être réaliste et choisir une période favorable pour partir l’esprit tranquille, précise l’avocat. Dans le domaine des relations de travail, l’été est généralement plus propice puisqu’il n’y a pas d’audition entre la mi-juillet et la fin août. La période estivale était donc idéale pour moi. »

Une fois la date choisie, il faut en informer ses clients et pouvoir compter sur une équipe prête à prendre la relève si cela s’avère nécessaire.

« J’ai commencé à en parler à mes clients plusieurs mois à l’avance et à le leur rappeler au fur et à mesure de nos rencontres. J’en ai ensuite fait l’annonce officielle dans une lettre envoyée à chacun d’eux. »

Dans cette missive personnalisée, l’avocat a indiqué le nom et les coordonnées de son adjointe, identifié deux jeunes collègues comme « premiers répondants » et précisé leurs coordonnées.
 
Il a ensuite inséré dans l’envoi un document sur papier glacé préparé par le cabinet avec le nom, la photo et les coordonnées de chaque avocat en droit du travail.

« C’est un dépliant que le bureau offre déjà à ses clients et qu’il distribue lors de colloques et séminaires. Il permet à nos relations d’affaires d’associer un visage au nom de chacun de nos avocats. Il facilite la transition en cas de besoin et ne laisse place à aucune surprise. »

Les collègues et les clients ont bien réagi à l’annonce de Me Ranger. « On appréhende toujours la réaction des clients. J’ai reçu de nombreux courriels et des commentaires très positifs. Ils m’ont encouragé à me reposer et à en profiter ».

Même son de cloche du côté des collègues. « Ils étaient tous très contents pour moi. Certains d’entre eux se préparent à faire le saut au cours des prochaines années et m’ont demandé à mon retour comment ça c’est passé. Les jeunes associés ont été remarquables et m’ont remercié d’avoir brisé la glace ».

Deux événements ont contribué à favoriser un retour progressif au bureau : le tournoi de golf du département de droit du travail et l’assermentation d’un collègue, Me Jacques Gauthier, nommé juge à la Cour supérieure du Québec. « Le tournoi de golf m’a donné l’occasion de revoir tous les collègues du département et mes clients d’un seul coup.  Et je n’aurais pas manqué la cérémonie d’assermentation du juge Gauthier pour tout l’or du monde. Toute l’équipe du bureau était là! », s’exclame Me Ranger.

« Ce fut une expérience extraordinaire et saine, un dix semaines de pause qui est arrivé tout à fait à point, confie Jean-René Ranger. Je suis revenu au travail avec une énergie nouvelle. J’étais fin prêt! »
 
Magazine National : janvier/février 2008

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