Options de carrière pour avocats
Par Janice Mucalov, LL.B., septembre 2009
Introduction
Si vous songez à renoncer à la pratique du droit, vous n’êtes pas seul. On ne trouve guère de données sur la situation au Canada mais aux États-Unis, jusqu’à 40 % des avocats veulent quitter la profession et on estime que 40 000 avocats le font chaque année.

Heureusement, il existe des options et votre formation juridique peut vous venir bien à point. De fait, les avocats sont bien préparés en vue d’un nombre étonnant d’autres carrières qui tirent parti d’une base en droit. Évidemment, vous connaissez déjà les emplois d’avocat interne, l’exercice du droit à contrat et les emplois en recherche juridique. Mais vous pouvez aussi devenir formateur dans le domaine parajuridique, responsable de la conformité, analyste des politiques ou conseiller d’entreprise en matière de protection des renseignements personnels. Ou encore rédacteur de discours, consultant en immigration ou responsable des avantages sociaux au sein d’une entreprise.
Depuis quelques années, une mini-industrie a émergé pour aider les avocats cherchant des emplois non traditionnels. Des services de coaching professionnel dans le secteur juridique, des sites Web d’annonce d’emplois spécialisés, des cours, des recruteurs spécialisés et divers livres de conseils pratiques sont autant de ressources à votre disposition pour trouver une nouvelle carrière qui vous comblera.
Envisagez d’abord des changements simples
Avant de remettre votre lettre de démission, tentez de voir petit. Vous pouvez peut-être trouver la satisfaction au travail sans quitter la profession. Il peut suffire de faire le nécessaire pour être plus à l’aise là où vous êtes, dit Monica Parker, une avocate devenue coach professionnelle pour avocats en quête de nouvelles vocations et l’auteure de The Unhappy Lawyer.
Vous pouvez par exemple faire plus de place à des intérêts extérieurs et ainsi trouver la joie qu’il manque à votre vie. Si vous voulez vous ménager plus de temps pour vos activités personnelles et familiales, changez vos relations avec les personnes avec lesquelles vous travaillez : vous pouvez dire « non », et fixer des limites. Ou encore, vous pouvez travailler auprès d’un associé différent s’il y a un problème de personnalités. Si c’est la culture du cabinet qui est en cause, passez à un autre cabinet.
Les changements possibles s’échelonnent sur un spectre, affirme Mme Parker :
- Rester au même travail et initier des changements simples
- Changer de groupe de pratique ou de cabinet
- Passer à un domaine lié au droit
- Passer à une carrière à l’extérieur du droit
Demandez-vous si des changements modestes peuvent suffire avant de vous lancer dans une carrière complètement différente comme chef cuisinier ou physiothérapeute.
De précieuses compétences juridiques
Ne mésestimez pas tout ce que vous avez appris à la faculté de droit et en pratiquant le droit. Vous possédez des compétences qui font de vous une précieuse ressource dans de nombreux domaines relevant du droit ou y touchant, ou à l’extérieur du droit.
Vos aptitudes en résolution de problèmes, analyse, présentation, négociation et règlement de conflits sont toutes pertinentes aux entreprises, selon Randi Bean, présidente de Life After Law.com, une entreprise torontoise de recrutement et de conseils qui lance des avocats dans des carrières autres que l’exercice traditionnel du droit.
De même, vos aptitudes en marketing et en développement de la clientèle ou des affaires peuvent vous ouvrir la voie à une carrière de vente de produits tels que des logiciels juridiques pour avocats, ajoute Mme Bean. Les connaissances et l’expérience dans la planification successorale sont utiles pour entrer à l’emploi d’une banque ou d’une compagnie d’assurance.
Vos compétences en recherche, en rédaction et en pensée critique sont aussi éminemment appréciées dans de nombreuses autres carrières, ajoute Mme Parker.
Vous voulez d’autres exemples? Voyez la liste de compétences juridiques transférables à la fin du présent article.
Domaines de carrière alternative
Que pouvez-vous faire d’utile avec un diplôme en droit (sinon pratiquer le droit)? Les possibilités sont nombreuses et variées. Des avocats ont connu le succès dans toutes sortes de domaines connexes. En voici quelques-uns des plus communs :
Éducation et administration dans le domaine de l’enseignement
Pourquoi pas une carrière en formation juridique ou en administration dans le domaine de l’enseignement? On peut enseigner dans des établissements parajuridiques et sociétés de formation juridique permanente sans nécessairement posséder un diplôme de maîtrise en droit. Des connaissances juridiques sont aussi utiles dans des postes autres que l’enseignement au sein d’universités, par exemple comme responsable des plaintes présentées par les étudiants, coordonnateur des services aux personnes handicapées ou responsable des affaires étudiantes. Les facultés de droit, en particulier, engagent volontiers des personnes ayant une formation juridique pour travailler aux admissions, aux relations avec les anciens, aux services de carrières et dans les bibliothèques de droit.
Services bancaires et financiers
Si vous avez de l’expérience dans le droit des valeurs mobilières, des fiducies et successions, de la fiscalité ou des services bancaires, vous pouvez envisager une carrière dans l’industrie des services bancaires et financiers. Parmi les postes possibles figurent gestionnaire des risques, conseiller en planification successorale, administrateur de fiducie, planificateur financier, responsable des prêts commerciaux ou administrateur de fonds mutuels.
Règlement de conflits
L’arbitrage, la médiation et la négociation sont des domaines en plein essor qui emploient comme arbitres ou médiateurs des personnes ayant une base en droit. Les syndicats, les hôpitaux, les associations scolaires, les universités et les organismes gouvernementaux sont autant d’employeurs qui cherchent des professionnels dotés de solides compétences en communication et en règlement des conflits. Les postes en médiation peuvent ne pas être à plein temps : les médiateurs sont souvent engagés sur contrat dans le cadre d’un différend précis. Des spécialistes d’expérience participent aussi à la formation en règlement extrajudiciaire des différends.
Gouvernement et politique
Les gouvernements fédéral et provinciaux engagent souvent des avocats comme analystes des politiques qui réunissent et approfondissent des renseignements, analysent des problèmes dans des rapports écrits et coordonnent l’élaboration de politiques stratégiques. Les dossiers peuvent relever d’un éventail de domaines, depuis la santé jusqu’aux transports, à l’éducation et à l’environnement. La politique est un autre terrain fertile pour les avocats, par exemple comme rédacteurs de discours, solliciteurs de fonds, directeurs de campagne, lobbyistes ou même candidats.
Ressources humaines
Les entreprises ont besoin de professionnels compétents pour recruter et superviser leur personnel. Vous pouvez travailler comme coordonnateur de l’embauche, administrateur des ressources humaines ou directeur de la formation. Et n’oubliez pas que vous pouvez travailler dans le milieu juridique à d’autres titres qu’avocat. La connaissance du secteur juridique peut vous donner accès à un travail comme administrateur de cabinet juridique, directeur du recrutement des avocats, directeur du marketing ou responsable du perfectionnement professionnel.
Conseils juridiques
Certains avocats conseillent les cabinets juridiques sur les plans de la gestion, du marketing et du développement de la clientèle. Si vous êtes porté sur la technologie, vous pouvez tirer parti de votre connaissance des logiciels juridiques pour offrir des services de consultant en technologie de l’information. Si vous avez des antécédents dans les soins infirmiers, vous pouvez travailler comme infirmier juridique consultant, examinant les dossiers médicaux dans les affaires de fautes médicales ou de blessures corporelles, conseillant les avocats en cause et intervenant comme témoin expert.
Rédaction et édition juridiques
Les aptitudes en recherche et en rédaction d’un avocat sont particulièrement utiles. De nombreux avocats œuvrent comme rédacteurs et réviseurs juridiques pigistes. Ils écrivent des articles dans des revues juridiques, des guides d’auto-services juridiques ou autres fascicules sur des sujets comme le divorce ou les relations propriétaire-locataire, que ce soit pour des groupes s’occupant de droit des pauvres ou des organismes financés par le gouvernement. Certains produisent du contenu pour les sites Web de cabinets juridiques ou travaillent à temps plein pour des bulletins d’associations du barreau ou des publications consacrées au droit, aux affaires ou à la comptabilité.
Entrevues d'information
Avant de vous lancer, il est très important de prévoir une étape d’entrevues d’information. « C’est un moyen de bénéficier des connaissances d’autres personnes et de découvrir si un travail donné est réellement aussi séduisant que vous le pensez, dit Mme Bean. Les gens sont en général heureux de parler d’eux, surtout à quelqu’un qui leur a été recommandé. » Des études révèlent que les chercheurs d’emploi les plus efficaces interviewent de nombreuses personnes aux seules fins d’information avant de passer à leur première entrevue d’emploi.
Vous devez toutefois indiquer clairement à votre interlocuteur que vous cherchez uniquement à en apprendre davantage sur leur travail ou leur domaine, et non un emploi (bien qu’une entrevue d’information mène parfois à un emploi).
Que dire lors de l’appel téléphonique initial?
- J’ai vu votre nom dans un récent article de journal. Je pense à un changement de carrière et je voudrais en apprendre autant que possible sur XX.
- XX m’a donné votre nom et m’a dit que vous êtes aussi un avocat qui a changé de carrière pour se diriger dans XX. J’envisage de faire quelque chose de semblable et j’aimerais beaucoup savoir comment les choses se passent pour vous.
Allez-y directement et demandez à la personne si vous pouvez la rencontrer 15 minutes autour d’un café pour discuter de son travail.
Voici quelques questions que vous pouvez poser lors de la rencontre :
- Comment avez-vous débuté dans ce genre de travail?
- Quel est le meilleur moyen de débuter une carrière dans ce domaine?
- Le domaine est-il en croissance?
- Des qualités ou compétences particulières sont-elles requises, ou une personne peut-elle apprendre en travaillant?
- Quelles sont vos tâches et fonctions?
- À quoi votre journée de travail ressemble-t-elle?
- Qu’aimez-vous le plus de votre travail? Et qu’aimez-vous le moins?
- Quel genre de rémunération une personne peut-elle gagner dans ce domaine?
- Avez-vous des suggestions qui m’aideraient à percer dans ce domaine?
- Pouvez-vous suggérer une autre personne comme source d’information?
Après la rencontre, envoyez un bref courriel ou une note de remerciement.
Chercher un poste
Une fois que vous savez dans quel domaine vous voulez vous lancer, vous êtes prêt à commencer votre recherche d’emploi. Il vous faut un plan, dit Mme Bean. Il n’est pas utile d’envoyer au hasard des curriculum vitæ généraux. À qui voulez-vous présenter votre candidature? Qu’avez-vous à « vendre »? Pourquoi quelqu’un devrait-il vous engager? (Vous devrez adapter votre curriculum vitæ de façon à faire ressortir vos points forts, par exemple en gestion de projets ou en règlement de différends.)
Sites Web de recherche d’emploi
La section carrières des journaux et certains sites Web consacrés à l’emploi sont des points de départ évidents dans tout projet de changement de carrière. Sachez toutefois que de nombreux postes ne sont pas annoncés. « Les postes annoncés ne sont que la pointe de l’iceberg, assure Mme Bean. Il y a un marché caché de l’emploi. » Consultez tout de même les sites Web indiqués ci-dessous. De récentes recherches aux fins du présent article ont permis de trouver les postes suivants.
Total Legal Jobs
Ce site Web est la source d’emplois juridiques au Canada soutenue par LexisNexis Canada.
Postes annoncés récemment :
- Directeur de clinique juridique, Parkdale Community Legal Services (Toronto)
- Responsable des poursuites municipales, ville de Calgary
- Recruteur juridique auprès d’Advocate Placement (Toronto)
- Directeur général adjoint (documentation du commerce de valeurs mobilières) à la CIBC, centre-ville de Toronto
Workopolis
Cherchez les postes dans votre ville.
Postes annoncés récemment dans la catégorie « Droit » :
- PDG de l’organisme sans but lucratif Société de protection des infirmières et infirmiers du Canada (Ottawa)
- Responsable des affaires judiciaires étudiantes à la Kwantlen Polytechnic University (Grand Vancouver)
- Expert-conseil en matière de conformité chez Standard Life Canada (Montréal)
- Conseiller en matière d’enquêtes sur le mauvais traitement d’étudiants au Conseil scolaire du district de Toronto
- Directeur commercial des projets d’infrastructure pour la division des transports de SNC-Lavalin à Vancouver
- Rédacteur-réviseur de produits juridiques et financiers chez Carswell (Toronto)
- Conseiller en matière de propriété intellectuelle auprès du Cirque du soleil (Montréal)
Monster
Postes annoncés récemment :
- Enseignant – parajuridique à l’Algonquin Careers Academy (Ottawa)
- Vice-président adjoint (fiscalité) chez HSBC (Vancouver)
- Conseiller en ressources humaines, Everest College of Business (Toronto)
CraigsList
Des postes intéressant les avocats sont même annoncés dans CraigsList. Cherchez sous la catégorie « Juridique / Parajuridique » dans la section Emploi.
Postes annoncés récemment :
- Spécialiste en développement commercial au sein du service de marketing d’un grand cabinet juridique (Vancouver)
- Responsable des actifs intellectuels auprès d’une entreprise (Waterloo)
Sites Web gouvernementaux consacrés à l’emploi
Sites Web de gouvernements provinciaux :
Voyez aussi le site Web de votre municipalité locale.
Recruteurs juridiques et généralistes
Les entreprises de recrutement suivantes sont spécialisées dans le placement d’avocats au Canada.
Life After Law
Dirigée par l’ancienne avocate Randi Bean, Life After Law.com est une entreprise de recrutement qui se consacre à lancer des avocats dans des carrières autres que la pratique du droit au sens traditionnel.
Postes annoncés récemment :
- Directeur de l’approvisionnement au sein d’un organisme gouvernemental du domaine de la santé (Toronto)
- Conseiller juridique en matière de retraite (pensions) auprès d’une entreprise mondiale de conseils en gestion financière (Montréal)
- Spécialiste juridique dans la conformité en matière d’exportations auprès d’une entreprise mondiale de services d’information (Vancouver)
Counsel Network
Poste annoncé récemment :
ZSA
Poste annoncé récemment :
RainMaker Group
Poste annoncé récemment :
Robert Half Legal
Marsden International
NagataConnex Executive Legal Search
Réseautage
Cela peut paraître évident, mais le fait de parler à des gens et de faire du réseautage est la meilleure façon de trouver un poste, affirment aussi bien Mme Bean que Mme Parker. Par exemple si vous souhaitez travailler en développement organisationnel au sein d’une entreprise ou d’une institution, Mme Parker suggère que vous deveniez membre d’une association locale de spécialistes en la matière; vous y trouverez des interlocuteurs avec lesquels discuter des carrières dans le domaine.
Demandez des pistes à explorer à vos amis, parents, voisins, collègues, relations d’affaires et anciens professeurs de droit. Envisagez d’adresser à des personnes choisies un courriel demandant de l’information et indiquant votre intérêt à changer de carrière. (Vous devrez peut-être leur faire jurer le secret, mais vous ne pouvez pas changer d’orientation sans en parler à d’autres.) Lorsqu’on vous suggère une piste, demandez le nom d’une personne avec laquelle communiquer au sein du cabinet ou de l’entreprise pour vous renseigner sur les postes disponibles. Demandez aussi à vos interlocuteurs s’ils veulent bien vous obtenir une entrevue.
Séminaires
Les facultés de droit et les associations du barreau organisent parfois à l’intention des avocats ou autres diplômés en droit des séminaires sur les réorientations de carrière. Par exemple, la Women’s Law Association of Ontario a récemment organisé en partenariat avec le Barreau du Haut-Canada la troisième soirée annuelle de discussions sur les carrières alternatives en droit pour les femmes, le 6 mai 2009 à Toronto.
Les détails
Combien de temps faut-il pour trouver un autre poste?
Tout dépend. Certains avocats parviennent à faire la transition rapidement, mais d’autres auront besoin de temps. Mme Parker suggère de prévoir six à neuf mois.
Certains domaines de pratique se prêtent mieux que d’autres à une transition, estime Mme Bean. Si vous êtes spécialisé dans les brevets, il devrait être relativement facile de trouver du travail comme responsable de la propriété intellectuelle. De même, un spécialiste du droit de l’emploi pourrait probablement obtenir sans trop de peine un poste en gestion des ressources humaines ou en relations de travail.
Ne vous découragez pas si votre premier emploi ne vous enchante pas. « De nombreux avocats font une expérience hors de la profession puis y reviennent avant de se décider à une rupture définitive », affirme Mme Parker. Après avoir passé un semestre à enseigner à la faculté de droit de Harvard, elle est elle-même retournée à la pratique du droit pendant quatre ans. C’est seulement ensuite qu’elle a pris des cours en coaching et qu’elle s’est lancée dans sa nouvelle carrière.
Entre deux emplois
La recherche d’un nouveau poste exige un grand investissement en temps. C’est au point où il peut être difficile de trouver quelque chose tout en continuant de travailler comme avocat. « Si vous êtes décidé à changer, vous devrez peut-être renoncer à votre emploi actuel », estime Mme Bean.
Il reste toutefois possible d’explorer certaines idées sans perdre le filet de sécurité d’un emploi régulier. Selon Mme Parker : « Vous pouvez lire des livres, mener des entrevues d’information, suivre des cours dans le domaine qui vous intéresse et chercher des stages – rémunérés ou non – en soirée ou les fins de semaine dans le travail que vous visez. » Pour sa part, elle a commencé à dresser un plan d’entreprise, à économiser de l’argent et à offrir du coaching à des clients sur une période de 10 mois avant d’abandonner la pratique privée. « J’ai quitté lorsque j’ai été convaincue que je pouvais y arriver », dit-elle.
Avocats plus jeunes ou plus expérimentés
Les avocats chevronnés ont tendance à avoir des attentes plus grandes; il leur faut probablement plus de temps pour trouver un poste convenable qu’à un jeune avocat.
La rémunération peut aussi être problématique, surtout si un avocat d’expérience espère trouver un niveau équivalent. Sur le plan monétaire, de nombreuses carrières alternatives ne sont pas aussi lucratives que la pratique privée. En revanche, un avocat ayant une longue expérience et dont la situation financière est solide peut être mieux en mesure d’assumer une réduction de salaire qu’une personne plus jeune ayant un prêt hypothécaire à rembourser.
De nombreuses organisations sont intéressées à l’expertise des avocats chevronnés, selon Mme Bean. Ils ont souvent les compétences en affaires qui vont de pair avec les compétences juridiques. Si vous arborez quelques cheveux gris, vous ne devriez pas avoir à expliquer pourquoi vous envisagez un changement de carrière, dit-elle. Et dans votre recherche d’emploi, vous devriez vous adresser à des cadres supérieurs (et non à un agent des ressources humaines).
Études de cas : trois avocats et leurs carrières non traditionnelles
Karen Yip, enseignante – parajuridique
Antécédents en droit : Au terme de son stage, Karen Yip a travaillé en droit des sociétés et dans l’immobilier commercial pendant cinq ans chez Davis, un grand cabinet de Vancouver. Ensuite, elle a travaillé pendant environ deux ans à contrat pour un avocat à titre individuel.
Nouvelle carrière : Mme Yip a un poste d’enseignante à plein temps au Collège Capilano de Vancouver (qui a récemment été reconnu comme établissement universitaire). Elle enseigne principalement des cours destinés aux travailleurs parajuridiques et assistants juridiques. Elle passe 20 heures par semaine au collège, et des heures de plus à domicile à préparer ses cours et évaluer les travaux.
Raison du changement de carrière : « Je cherchais un meilleur équilibre entre le travail et la vie personnelle. » Quand elle travaillait à contrat, les heures étaient parfois impossibles, le travail était sporadique et elle avait la responsabilité de certains dossiers. « C’était très difficile avec un bébé de cinq mois, à l’époque. »
La découverte d’un nouveau poste : Une personne que Mme Yip connaissait au Club Lions l’a présentée à un coordonnateur du Collège Capilano, qui lui a proposé de donner un cours comme conférencière invitée. L’expérience a été suffisamment probante pour mener à la création d’un mini-cours, puis à un poste d’enseignement à temps partiel et finalement à temps plein.
Compétences juridiques les plus précieuses : La capacité de parler de cas réels ainsi que la compréhension du rôle de chaque acteur dans un cabinet ont été très utiles dans l’enseignement, affirme Mme Yip.
L’argent : « Je gagne moins qu’un avocat en exercice, mais je ne travaille pas des jours de 14 heures sept jours par semaine. » Un avocat devenu enseignant à temps plein peut s’attendre à gagner entre 60 000 $ et 85 000 $, plus les avantages. Les enseignants ayant la permanence peuvent aussi recevoir une pension.
Le bonheur : « J’adore ce que je fais. Les étudiants sont magnifiques – ils me font des accolades collectives. »
Le meilleur conseil : « Persévérez. Vous trouverez ce que vous voulez faire. » Mme Yip ajoute qu’il existe toujours des possibilités dans l’enseignement.
Martin Perelmuter, entrepreneur
Antécédents en droit : Martin Perelmuter a fait son stage chez Goodmans à Toronto, puis y a travaillé six mois comme avocat dans les affaires de sociétés, les dossiers commerciaux et les valeurs mobilières.
Nouvelle carrière : M. Perelmuter est président et cofondateur de l’agence Speakers’ Spotlight. Celle-ci représente plus de 600 conférenciers (dont Justin Trudeau, Pamela Wallin et Adrienne Clarkson) qui se produisent partout au monde.
Raison du changement de carrière : « Je suis foncièrement un entrepreneur et je voulais mieux contrôler ma vie. Je voulais aussi traiter avec des gens, pas de la paperasse. »
La découverte d’un nouveau poste : Après que M. Perelmuter et son épouse ont aidé à promouvoir les séminaires de l’oncle de son épouse en 1995, tous deux ont décidé de renoncer à leurs emplois et de créer leur propre agence. « Nous avons fait un acte de foi entrepreneurial, dit M. Perelmuter. Nous avions 25 ans, et nous n’avions ni enfants ni hypothèque. Nous n’avions pas beaucoup à perdre. » Heureusement, leur entreprise n’exigeait pas un grand investissement de fonds. La première année, ils ont fonctionné en mode « survie », téléphonant chaque jour depuis leur domicile à 75 ou 100 planificateurs de réunions et organisateurs de conférences, et vivant en partie de leurs économies. Les activités ont pris leur élan dans la deuxième année, et ils ont engagé un employé pour les aider. À leur quatrième année, ils avaient emménagé dans un modeste bureau au centre-ville de Toronto. Speakers’ Spotlight compte aujourd’hui 23 employés à temps plein, et M. Perelmuter a été finaliste aux prix de l’entrepreneur de l’année d’Ernst & Young en 2008 et 2009.
Compétences juridiques les plus précieuses : Diverses compétences acquises en travaillant comme avocat ont été très utiles, affirme M. Perelmuter : gérer de fortes charges de travail; comprendre l’importance du service à la clientèle et l’intérêt à répondre rapidement aux clients; respecter une solide éthique du travail; et porter attention aux détails (« Nous préparons des contrats chaque jour ici. »). Il a aussi dû « désapprendre » certains penchants des avocats, par exemple en matière de gestion des risques. « Dans le commerce, beaucoup repose sur la confiance et l’intuition, tandis qu’en droit il faut planifier chaque éventualité imaginable. »
L’argent : « Lorsque j’ai décidé de quitter, je croyais que je ne gagnerais jamais autant que je ne le pourrais au cabinet. Mais aujourd’hui je me débrouille aussi bien ou mieux, financièrement, que si j’étais resté en droit. »
Le bonheur : « J’ai la chance de faire quelque chose que j’adore réellement. Je travaille avec des personnes formidables. »
Le meilleur conseil : « Vous vivez une seule vie – et vous avez une seule chance – donc vous devez bien songer à vos priorités et à vos valeurs, et trouver quelque chose qui vous plaira, où vous sentirez que vous produisez un effet positif. Si vous ne vous réjouissez pas d’aller au travail chaque jour, vous vous devez de tenter autre chose. »
Valerie Mutton, rédactrice
Antécédents en droit : Valerie Mutton a travaillé en droit de la famille et en droit criminel pendant 15 ans, avec un associé, à Bowmanville près de Toronto.
Nouvelle carrière : Mme Mutton est maintenant rédactrice pigiste à temps plein depuis six ans. Son travail couvre un large éventail : elle produit des articles pour les magazines MORE, Oxygen et Today’s Parent; elle écrit sur des sujets juridiques dans le National et The Lawyers Weekly; elle a rédigé des scénarios pour les jeux de société CSI; et elle travaille à son deuxième roman policier (son premier est actuellement aux mains d’un agent).
Raison du changement de carrière : « J’ai commencé à vouloir quelque chose de différent dans ma vie. La pratique du droit ne m’amusait plus. » Mme Mutton maintient pourtant une activité en droit, donnant à l’occasion des conseils dans des centres d’information sur le droit de la famille (financés par l’aide juridique).
La découverte d’un nouveau poste : Mme Mutton a toujours aimé écrire. Elle a une fois rédigé et prononcé un discours d’adieu – sous forme de poésie – à la soirée de départ à la retraite d’un juge. Lorsqu’elle pratiquait encore le droit, elle a pris des cours de rédaction d’articles de magazine et d’ouvrages de fiction au collège communautaire local; elle a aussi rédigé quelques articles. Par conséquent, sa transition de la pratique du droit à la rédaction n’a pas été trop difficile, surtout que ses finances étaient en ordre. Après avoir décidé de changer de carrière, il ne lui a fallu qu’un mois pour fermer son cabinet. Elle est devenue membre de quelques associations de rédacteurs qui se réunissent chaque mois, y trouvant un appui, des possibilités de perfectionnement et des occasions de réseautage. Des commandes sont arrivées peu après de The Lawyers Weekly (elle y connaissait quelqu’un) et du National (elle a envoyé au rédacteur en chef un courriel expliquant qu’elle était une avocate devenue rédactrice, et qu’elle était disponible).
Compétences juridiques les plus précieuses : « Les aptitudes en conduite d’entrevues que j’ai acquises comme avocate m’ont été réellement utiles. Je peux habituellement obtenir les citations qu’il me faut en moins de 15 minutes au téléphone. »
L’argent : Les rédacteurs ayant une base en droit peuvent gagner entre 30 000 $ et 75 000 $ par année. Les contrats de rédaction du gouvernement ou des entreprises sont souvent plus rémunérateurs que la rédaction d’articles pour des publications non juridiques. Il n’y a habituellement que peu de frais généraux, et les pigistes peuvent déduire leurs frais de bureau à domicile.
Le bonheur : « Je suis très heureuse, mais je m’ennuie du barreau. Nous avons un barreau très collégial ici, donc je vais encore aux réunions de l’association et j’organise des déjeuners avec d’anciens collègues. »
Le meilleur conseil : « Ne vous bercez pas d’illusions sur votre deuxième carrière. Faites votre recherche et sachez dans quoi vous vous embarquez. »
Lectures suggérées
Il existe de nombreux livres utiles sur les nouvelles carrières pour avocats :
- What Can You Do With a Law Degree? A Lawyer’s Guide to Career Alternatives Inside, Outside & Around the Law, par Deborah Arron
- The Unhappy Lawyer, par Monica Parker
- Judgment Reversed: Alternative Careers for Lawyers, par Jeffrey Strausser
- The Lawyer’s Career Change Handbook: More than 300 Things You Can Do With a Law Degree, par Hindi Greenberg
- JD Preferred: 400+ Things You Can do With a Law Degree (Other Than Practice Law), publié par Federal Reports, Inc.
- Alternative Careers for Lawyers, par Hillary Mantis
Voyez aussi les articles suivants en ligne :
Liste d'emplois non traditionnels pour avocats
Voici une liste d’emplois qui peuvent intéresser des avocats. Il ne s’agit pas d’une énumération exhaustive, mais d’une source d’inspiration pour vous aider à trouver une carrière qui vous passionnera.
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Acheteur ou analyste des approvisionnements
Administrateur
Administrateur de contrats
Administrateur de l’aide financière
Administrateur de prêts commerciaux
Agent d’athlètes
Agent d’immigration ou consultant en immigration
Agent de conformité
Agent de probation
Analyste des politiques
Analyste des systèmes de gestion
Animateur de séminaires
Arbitre ou médiateur
Auteur ou journaliste
Bibliothécaire de droit
Conférencier
Conseiller politique
Conseiller d’orientation professionnelle
Consultant en gestion
Consultant en protection de la vie privée
Consultant en technologie juridique
Correspondant juridique pour un journal ou magazine
Courtier d’assurances
Défenseur des consommateurs
|
Directeur de la rédaction
Directeur des services de carrière à une université ou un collège
Directeur général d’organisme sans but lucratif
Enquêteur
Enseignant – parajuridique
Formateur – formation juridique permanente
Formateur en entreprise
Gestionnaire de projets
Gestionnaire des avantages sociaux
Lobbyiste
Négociateur de contrats de travail
Ombudsman
Organisateur de campagnes de financement
Organisateur de conférences
Planificateur d’événements spéciaux, réunions, conférences
Préposé aux réclamations
Professeur de droit
Promoteur immobilier
Recruteur
Représentant commercial
Responsable de la déontologie
Spécialiste en planification successorale
Tuteur – LSAT
Vérificateur
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Liste de compétences juridiques transférables
Selon Life After Law.com, les compétences juridiques suivantes sont appréciées dans les emplois non traditionnels pour avocats :
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Autonomie au travail
Capacité d’analyse
Attention aux détails
Sensibilité aux risques ou à la responsabilité
Remue-méninges
Élaboration de budgets
Communication
Règlement de conflits
Counselling
Créativité
Esprit de décision
Discipline
Dissémination d’information
Esprit d’entreprise
Analyse des faits
Reconnaissance des enjeux
Innovation
Entregent
Interprétation de documents
Apprentissage
Gestion
Médiation
|
Capacité multitâche
Négociation
Organisation
Pouvoir de conviction
Présentation d’exposés
Établissement de priorités
Règlement de problèmes
Professionnalisme
Gestion de projets
Art oratoire
Recherche
Ventes
Autodétermination
Stratégie
Gestion du stress
Supervision
Synthèse de l’information
Travail en équipe
Gestion du temps
Diagnostic
Rédaction
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